Carrefour s'engage pour la réhabilitation des fruits et légumes issus de semences paysannes

Carrefour s'engage pour la réhabilitation des fruits et légumes issus de semences paysannes

Publié le :

Mercredi 20 Septembre 2017 - 15:01

Mise à jour :

Mercredi 20 Septembre 2017 - 15:17
© Tobias SCHWARZ / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Carrefour a décidé de braver les interdits et de commercialiser dans une petite quarantaine de ses magasins les fruits et légumes issus de semences paysannes et interdits par un décret de 1981. Une pétition a été mise en ligne il y a cinq jours pour modifier la loi.

Le commerce a ses raisons que la raison ignore. Depuis 1981, et le décret n°81-605 du 18 mai de cette année-là, la commercialisation des fruits et légumes issus de semences et de plants paysans est considérée comme frauduleuse par la loi. L'enseigne Carrefour a décidé de s'inscrire en faux contre cette règle et s'est lancée dans une campagne de réhabilitation de ces produits, au nom de la biodiversité.

Une pétition a été mise en ligne sur le site change.org vendredi 15 et depuis Carrefour cherche à faire la promotion de sa nouvelle campagne. Publicités, campagnes de sensibilisation… tout est fait pour que la loi change. Une quarantaine de magasins de l'enseigne ont même remis en vente huit fruits et légumes oubliés depuis qu'ils ont été interdits.

Les fruits et légumes que Carrefour a décidé de remettre sur le marché sont les suivants: l'artichaut Camus du Léon, le potimarron angélique, la courge butternut Kouign Amann, l'artichaut Glas-Ruz, l'oignon rosé d'Armorique, la rhubarbe acidulée de Bretagne, le haricot coco de Trégor et enfin l'échalote demi-longue de Cleder.

"Les variétés paysannes sont des fruits et légumes issus de semences qui ne sont pas industrialisées. Ces semences ne figurent pas sur le catalogue officiel qui autorise leur vente car elles ne correspondent pas aux critères d’homogénéité d’une loi qui favorise la standardisation et ne défend pas assez la biodiversité", explique Carrefour sur son site, en assurant qu'au cours du XXe siècle, 90% des variétés cultivables, qui étaient commercialisées avant, ont disparu.

En menant ce combat, Carrefour entend faire changer la loi et "permettre aux petits paysans de commercialiser en circuit court leurs semences librement reproductibles". Il est aussi souhaité que le catalogue officiel soit ouvert "à ces semences paysannes, pour que les fruits et légumes qui en sont issus puissent être commercialisés plus largement auprès de tous les consommateurs. Cela exige l’assouplissement des critères actuels d’enregistrement des semences des paysans au catalogue et une exemption de paiement de cette inscription pour les petites structures". Une stratégie qui donne également à l'enseigne l'image d'une entreprise soucieuse de la biodiversité, à une époque où les consommateurs sont de plus en plus exigeants sur la qualité de leur alimentation.

Les artichauts Camus du Léon ou les rhubarbes acidulées de Bretagne font partie des variétés de fruits et légumes interdits.

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