Chiffres du chômage: la hausse s'expliquerait aussi par la fin de dispositifs d'incitation à l'embauche

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Chiffres du chômage: la hausse s'expliquerait aussi par la fin de dispositifs d'incitation à l'embauche

Publié le :

Vendredi 25 Août 2017 - 17:00

Mise à jour :

Vendredi 25 Août 2017 - 17:13
Les chiffres du chômage (au sens de Pôle Emploi) dévoilés par le ministère du Travail jeudi sont mauvais pour le mois de juillet avec une hausse de 34.900 demandeurs d'emploi. Ce mois négatif s'inscrit pourtant dans une bonne période générale qui peut faire penser à un "raté" qui n'a pas de raison macroéconomique mais pourrait être lié à la fin de dispositifs favorables aux embauches.
© PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives
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A l'échelle du court terme, clairement, le chiffre est négatif. En juillet 2017, le nombre de chômeurs enregistrés par Pôle Emploi a augmenté de 34.900. C'est donc une hausse presque trois fois supérieure à la baisse de juin (10.900 chômeurs de moins) qui avait fait naître quelques espoirs avec l'arrivée d'une nouvelle majorité. Certes, cette dernière n'y est pour rien, mais les plus optimistes voulaient y voir un retour de la confiance, cette donnée complexe qui transforme souvent un bon contexte économique en emplois "sonnants et trébuchants".

D'où la supposition que cette hausse du chômage serait à rechercher ailleurs que dans un retournement de tendance conjoncturelle. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce soubresaut. La principale explication –qui n'est pas le fait du gouvernement qui refuse de commenter les chiffres du chômage– repose sur un chômage né de la fin de certains dispositifs incitateurs à l'embauche. La prime à l'embauche dans les PME qui a ainsi pris fin le 30 juin, ou la fin du grand plan de formation lancé par François Hollande, avec des personnes sans emploi qui retournent s'inscrire à Pôle Emploi, peuvent gonfler les chiffres.

En effet, quelques données restent encourageantes et plaident encore pour le "faux pas" en juillet. En un an, le secteur privé a ainsi créé 292.000 postes depuis un an, soit le chiffre le plus élevé depuis six ans. Et même un secteur que l'on imaginait largement sinistré comme l'industrie se remet (timidement) à embaucher. Même si l'emploi en question repose largement sur l'intérim (qui représente 36% des créations de postes en France).

La situation reste cependant délicate à gérer, tant le marché du travail français semble encore largement reposer sur du soutien public, ou de la précarisation. Autre signe qui ne trompe pas, malgré le nombre de création de postes et malgré la baisse tendancielle du chômage depuis un an, les niveaux de salaire ne décollent pas.

Le mois de juillet est à contre-courant de la tendance du moment.

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