Crise du lait : un accord entre les éleveurs et Lactalis

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 30 août 2016 - 16:30
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Des producteurs de lait bloquent l'accès à une usine Lactalis.
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©Jean-Sébastien Evrard/AFP
Le prix du lait pour août va être de 280 euros la tonne et augmenter de 5 euros tous les mois pour parvenir à 300 euros en décembre.
©Jean-Sébastien Evrard/AFP
La réunion de ce mardi entre le géant des produits laitiers Lactalis et ses producteurs a accouché d'un accord sur le prix du lait à 275 euros la tonne en moyenne sur l'année, après plusieurs jours de tensions et de blocages.

La troisième session de négociations sur le prix du lait ouverte mardi à Laval s'est conclue par un accord entre Lactalis et les organisations de producteurs, qui ont fait céder le géant laitier sur lequel les syndicats agricoles FNSEA et JA avaient encore accru la pression depuis lundi.

La réunion qui a débuté vers 7h à la préfecture de la Mayenne, à Laval, en présence de trois représentants de Lactalis, cinq représentants des producteurs et le préfet de la Mayenne, Frédéric Veaux, s'est terminée peu après midi.

Sébastien Amand, vice-président de l'Organisation de producteurs Normandie Centre qui participait aux négociations, a déclaré à l'issue qu'un accord avait été trouvé pour un prix du lait à 290 euros la tonne pour les prochains mois, contre les 256,90 euros actuellement pratiqués par le géant du lait, soit l'un des prix les plus bas du marché.

Le prix du lait pour août va être de 280 euros la tonne et augmenter de 5 euros tous les mois pour parvenir à 300 euros en décembre. La moyenne annuelle sera de 275 euros.

"Le prix du lait négocié par le groupe Lactalis pour les prochains mois est largement supérieur à son environnement économique et à ses principaux concurrents coopératifs, dont la répartition d’activités est proche de la nôtre", souligne de son côté Michel Nalet, porte-parole du groupe, dans un communiqué.

"Cette avancée significative apportée par le groupe Lactalis représente un soutien d'environ 150 millions en 2016 par rapport à ses engagements contractuels", ajoute le groupe basé à Laval.

Selon M. Amand, ces négociations prévoient aussi l'arrêt des actions menées depuis lundi par les syndicats agricoles FNSEA et JA contre les sites et la marque Lactalis dans les grandes enseignes. Ainsi, dès l'annonce de l'accord, en Lorraine, les actions ont été aussitôt suspendues, a indiqué un porte-parole des producteurs de lait.

Le Premier ministre Manuel Valls a salué sur Twitter cette "sortie de crise positive pour le secteur laitier". "Satisfaction que tous les acteurs se soient mobilisés et aient pris leurs responsabilités", a-t-il ajouté.

"A la FNSEA on considère que c'est une étape franchie. C'est important que Lactalis revienne dans le rang", a réagi auprès de l'AFP Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA.

"Nous avons demandé un rendez-vous au patron de Lactalis. On tient à le rencontrer pour parler avec lui de l'avenir. On ne peut pas rester sur cette manière de travailler", a ajouté M. Barrau.

Mardi matin, en cas d'échec de ces nouvelles négociations, les Jeunes Agriculteurs (JA) avaient menacé d'appeler les représentants de la grande distribution à "retirer de leurs rayons tout le lait Lactel et en le remplaçant par du lait Candia" et de demander aux présidents des collectivités territoriales de "retirer tous les produits Lactalis" des cantines scolaires.

Calmes mais déterminés, les producteurs avaient multiplié depuis lundi les actions de blocage des sites Lactalis et les actions de sensibilisation des consommateurs sur tout le territoire.

Que ce soit dans la Loire, dans le Maine-et-Loire, près de Rennes ou encore en Normandie et dans le Sud-ouest, plus d'une quinzaine de sites Lactalis ont été complètement ou partiellement bloqués par les producteurs de lait en colère.

Une mobilisation qui intervenait après le blocage la semaine dernière du site de production du géant du lait à son siège de Laval, qui s'était terminée par l'échec d'une seconde session de négociations dans la nuit de vendredi à samedi.

Dans ce contexte tendu, Lactalis avait appelé lundi soir "au calme et à la responsabilité de tous", disant s'interroger "sur la surenchère d'actions orchestrée par la FNSEA".

"La détresse sociale, la détresse économique dans les exploitations est conséquente et elle est palpable", avait justifié de son côté M. Amand.

Parallèlement à cet accord, le ministre de l'Agriculture doit présenter mardi aux professionnels du secteur laitier le plan de régulation de la production française demandé par la Commission européenne en juillet, en contrepartie de nouvelles aides financières.

 

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