Docelles - Fermeture de l'usine de papeterie UPM: le propriétaire dégrade les machines pour ne pas que la concurrence puisse les racheter

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 23 octobre 2017 - 14:52
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Des rouleaux de papier UPM.
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Les rouleaux ont été volontairement dégradés.
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Mardi se tiendra à Epinal la vente aux enchères des machines de l'usine de papier UPM qui a fermé ses portes en 2014. Le propriétaire a volontairement cassé les immenses rouleaux transformant la pâte en papier pour éviter qu'ils ne soient rachetés par des concurrents. Une pratique pas forcément illégale mais pour le moins douteuse.

L'affaire est moralement embarrassante, même si la pratique est a priori légale. Les propriétaires de l'usine de papeterie UPM de Docelles, dans le département des Vosges vont vendre mardi 22 les équipements de l'usine, fermée en 2014. Jusque-là rien de bien particulier. Sauf que les appareils qui partiront lors de ces enchères se tenant à Epinal auront une particularité: ils ont été volontairement dégradés par leurs propriétaires, qui n'ont pas hésité à casser ces outils valant des centaines de millions d'euros… pour ne pas que la concurrence puisse s'en servir.

UPM, une entreprise finlandaise, a en effet pris la décision avant l'été et l'a faite exécuter par le président pour la France de ce géant mondial de la papeterie. Hors de question que les cylindres utilisés pour transformer la pâte en papier ne tombent en l'état dans les mains de la concurrence. Il a donc été décidé de percer ces cylindres, un geste rendant l'appareil inutilisable et qui est irréversible. Résultat: la valeur de ces machines, qui ne valent maintenant plus que leur poids en métal, a été divisée au moins par 50 voire par 100. Ce qui ne dérange visiblement pas UPM.

La pratique met d'autant plus mal à l'aise qu'UPM n'avait rien fait à l'époque de la fermeture pour qu'un groupe constitué d'anciens salariés de l'entreprise puisse reprendre l'usine en faillite. La maison-mère finlandaise refusait en effet catégoriquement de leur céder les lieux pour une somme acceptable, préférant imposer un prix prohibitif pour que, visiblement, l'usine ne soit pas reprise (et donc qu'un nouveau concurrent ne vienne tenter de se faire une place sur le marché). Les salariés avaient tenté d'obtenir gain de cause en justice, en vain.

La papeterie a fermé ses portes en janvier 2014, entraînant le licenciement de 162 personnes. Au moment où l'installation de Docelles a baissé le rideau, elle était, avec ses cinq siècles d'ancienneté, la plus vieille usine de France.

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