Dupont-Aignan à Rungis: il propose la défiscalisation des heures supplémentaires sur le même modèle que Sarkozy en 2007

Dupont-Aignan à Rungis: il propose la défiscalisation des heures supplémentaires sur le même modèle que Sarkozy en 2007

Publié le :

Mardi 18 Avril 2017 - 17:55

Mise à jour :

Mardi 18 Avril 2017 - 18:06
©Dominique Faget/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Nicolas Dupont-Aignan était en visite à Rungis ce mardi matin (de même qu'Emmanuel Macron). Il en a profité pour proposer la défiscalisation des heures supplémentaires, une proposition qui avait eu un grand succès en 2007, lors de la victoire de Nicolas Sarkozy.

Le lieu ne fait plus recette auprès des hommes politiques. Il aura fallu attendre cinq jours avant le premier tour aux portes du Marché d'intérêt national de Rungis, le "MIN", pour qu'un candidat daigne se rendre aux aurores auprès des entrepreneurs du marché. Ils ont en réalité été deux à visiter le marché de gros ce mardi 18. Emmanuel Macron, toujours favori dans les sondages, et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) sont allés à la rencontre des maraîchers de Rungis, sans se croiser. Ce qui ne les a pas empêchés de tenir peu ou prou le même discours sur un aspect de leur programme, la valorisation du "travail". C'est passé, chez Emmanuel Macron, par son souhait de voir les gens "travailler plus en gagnant davantage" –un quasi copié-collé du slogan de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais c'est Nicolas Dupont-Aignan qui a profité du déplacement pour lancer l'idée la plus précise en proposant de défiscaliser les heures supplémentaires, sur un modèle relativement similaire à celui de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le président de Debout la France tient d'ailleurs à marquer sa différence avec Emmanuel Macron, mais surtout avec François Fillon: "Quand je dis que je veux défiscaliser les heures supplémentaires, c'est avant tout que je propose de garder les heures supplémentaires alors que je vois que messieurs Macron et Fillon veulent supprimer la durée légale du travail pour la négocier dans l'entreprise", explique-t-il, rajoutant que "ça veut dire qu'il n'y aura plus d'heures supplémentaires. Moi je veux les garder et les rémunérer davantage".

L'exonération des heures supplémentaires, active de 2007 à 2012, a concerné plus de 9 millions de salariés selon un rapport parlementaire daté de 2011, et a très largement profité aux salariés des petites et moyennes entreprises. Le gain moyen estimé était d'environ 500 euros de revenu annuel en plus par travailleur.

Problème: la Cour des comptes, elle, estimait le dispositif coûteux en termes de manque à gagner pour les finances publiques, chiffrant le passif à 5 milliards d'euros par an. La gauche de retour au pouvoir a en outre estimé –mais cela a fait débat chez les socialistes– que le dispositif était un fardeau pour une baisse du chômage, un employeur préférant recourir à des heures supplémentaires peu coûteuses qu'à une embauche face à une hausse de l'activité. La mesure a été abrogée, ce qui a été reproché au gouvernement de gauche, la défiscalisation profitant surtout à des salariés modestes. Son abrogation n'a en outre en rien impacté la courbe du chômage qui refusera désespérément de s'inverser.

Nicolas Dupont-Aignan veut rétablir l'exonération des heures supplémentaires supprimée en 2012.

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