Economie collaborative: les députés refusent de considérer les loueurs comme des professionnels

Economie collaborative: les députés refusent de considérer les loueurs comme des professionnels

Publié le 27/10/2016 à 11:12
©Martin Bureau/AFP
PARTAGER :

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

-A +A

Le projet du gouvernement de considérer comme professionnel à partir d'un certaine revenu les personnes qui louent leurs biens mobiliers ou immobiliers a été rejeté par l'Assemblée nationale mercredi. L'exécutif souhaitait légiféré sur les plates-formes d'économie collaborative comme Airbnb, qui génèrent des montants de plus en plus importants.

Les députés ont rejeté mercredi 26 au soir la volonté du gouvernement de considérer qu'un particulier gagnant des revenus, au-delà d'un certain seuil, de la location de courte durée d'appartements ou de voitures soit considéré comme un professionnel et doive payer des cotisations sociales.

En votant un amendement de suppression par 18 voix contre 14, ils ont supprimé l'article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui voulait "clarifier le droit social applicable à l’économie numérique".

Le gouvernement proposait que pour la location d'appartements, par exemple par une plateforme du type Airbnb, un particulier doive, au-delà de 23.000 euros de revenus annuels, s'affilier au Régime social des indépendants (RSI), et s’acquitter des cotisations sociales afférentes.

Pour la location de biens meubles (voitures, bateaux, tondeuses à gazon...), le gouvernement proposait un seuil de 3.860 euros qu'il s'était dit prêt à doubler face aux critiques des députés. L'objectif du gouvernement était de lutter contre les abus et la concurrence déloyale parfois créée.

"Plus on attend (pour légiférer), plus ce sera difficile de revenir sur des habitudes, des usages parfois hors du droit ou à la frontière du droit...", a prévenu le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert. Evoquant "les concurrences déloyales qui s'installent", il a cité l'exemple de l'Euro de foot où le taux de remplissage des Airbnb et ceux des hôtels était "sans comparaison".

Mais plusieurs députés de droite ont jugé que le sujet "n'était pas mûr" et ne voulaient pas, comme Isabelle Le Callennec (LE), "corseter une activité qui émerge et concerne des personnes qui veulent plutôt arrondir leurs fins de mois". "C’est invraisemblable de rendre obligatoire l’affiliation au RSI pour les particuliers qui louent leur voiture, leur camping-car, ou leur bateau", a renchéri Dominique Tian (LR).

Ils ont reçu le renfort de quelques députés de gauche. Pour l'écologiste Jean-Louis Roumegas, "on rate l'essentiel de l'économie collaborative. Cela permet de conserver son petit appartement, de payer ses charges, d'aller en vacances dans des petites villes où il n'y a pas d'offre touristique. On va tuer tout cela pour des lobbies professionnels".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


PARTAGER CET ARTICLE :


Le gouvernement cherchait à réglementer un secteur qui permet à des particuliers d'arrondir leurs fins de mois, mais qui facilite également la concurrence déloyale.

Annonces immobilières

Fil d'actualités Tendances éco




Commentaires

-