En Corse et à Marseille, les bateaux de compagnies maritimes bloqués

En Corse et à Marseille, les bateaux de compagnies maritimes bloqués

Publié le :

Dimanche 10 Janvier 2016 - 15:01

Mise à jour :

Dimanche 10 Janvier 2016 - 15:30
©Jean-Baptiste.M/Flickr
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Après avoir vu leurs bateaux bloqués par des marins cégétistes de l'ex-SNCM, ceux de la nouvelle compagnie Corsica Linea ont riposté en maintenant à quai deux embarcations de leurs concurrents.

En riposte au blocage de leur bateau à Marseille par des marins grévistes de l'ex-SNCM, les entrepreneurs corses à l'origine d'une nouvelle compagnie concurrente, Corsica Linea, ont bloqué ce dimanche 10 au matin en Corse deux navires des compagnies historiques.

L'un d'eux, le Girolata de la compagnie Méridionale, avec à son bord plus d'une centaine de passagers, a dû attendre cinq heures dans le golfe de Bastia avant de pouvoir finalement accoster. Son arrivée était prévue à 8h mais il a été bloqué par une cinquantaine de salariés de la Corsica Maritima. Ceux-ci ont finalement accepté de laisser arriver le bateau à la mi-journée, après une entrevue avec le nouveau président nationaliste de l'exécutif corse Gilles Simeoni, pour laisser descendre les passagers et leurs véhicules.

Selon la préfecture, le débarquement du fret du Girolata pourrait également avoir lieu, mais serait conditionné à l'engagement de ne pas effectuer d'autres rotations avec ce bateau.

Samedi 9 au soir, c'est à Ajaccio que les marins ont agi, en retenant un autre bateau, de l'ex-SNCM cette fois-ci, le Jean Nicoli, qui devait faire route vers Marseille.

Ces actions ont été lancées en réaction au blocage par des marins grévistes de l'ex-SNCM du Stena Carrier sur le port de Marseille depuis près d'une semaine, malgré une décision de justice vendredi.

Le consortium Corsica Maritima, candidat malheureux à la reprise de la SNCM finalement confiée au groupe Rocca, s'est associé à l'armateur Daniel Berrebi -qui lui aussi était sur les rangs pour racheter la SNCM- afin de lancer la Corsica Linea, une nouvelle compagnie maritime entre la Corse et le continent.

Les marins de l'ex-SNCM et de La Méridionale -deux compagnies qui se partagent à l'heure actuelle la délégation de service public (DSP) de continuité territoriale entre la Corse et le continent- sont en grève contre le lancement de Corsica Linea, perçue comme "une concurrence déloyale" faite pour couler la nouvelle SNCM.

Ils empêchent ainsi depuis mardi 5 le Stena Carrier d'entrer dans le port de Marseille. Ce cargo transporte 40 remorques pleines de produits périssables et vingt remorques vides. Il a été de nouveau bloqué par des marins grévistes samedi, malgré l'appel de la CGT et de son principal responsable Frédéric Alpozzo à respecter une décision de justice rendue vendredi 8 et ordonnant aux marins CGT de l'ex-SNCM de libérer les accès du port, sous astreinte de 30.000 euros par infraction constatée. "J'ai été mis en échec", a commenté samedi M. Alpozzo à propos du nouveau blocage, rappelant que dès que la décision du juge des référés avait été connue vendredi, la CGT et lui-même en son nom propre avaient appelé les marins à cesser de bloquer le navire danois.

Aucune tentative d'entrer dans le port n'a été effectuée dimanche matin, selon le port de Marseille.

Samedi, plusieurs centaines d'entrepreneurs corses avaient dénoncé à Ajaccio, devant la préfecture, le blocage du Stena Carrier, à l'appel des dirigeants de Corsica Maritima. "Nos préoccupations ne sont pas prises en compte par les services de l'Etat qui nous promènent et la loi n'est pas respectée en France", avait déploré le président de Corsica Maritima, François Padrona, à l'issue d'une réunion avec le préfet de Corse Christophe Mirmand.

Du côté des syndicats de l'ex-SNCM, on ironise sur le blocage organisé par Corsica Maritima: "le principe de l'astreinte à 30.000 euros par infraction s'applique-t-il aussi au camion (...) qui bloque le Jean Nicoli?", s'interroge ainsi sur Twitter Pierre Maupoint de Vandeul, délégué CFE-CGC.

 

Les blocages se multiplient en Corse et à Marseille.


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