Energie: quand Engie s'intéresse aux producteurs du Beaufort qui transforment le petit lait en électricité

Energie: quand Engie s'intéresse aux producteurs du Beaufort qui transforment le petit lait en électricité

Publié le :

Lundi 19 Décembre 2016 - 17:44

Mise à jour :

Mercredi 21 Décembre 2016 - 10:11
Les producteurs savoyards du fromage de Beaufort ont ouvert en 2015 une usine qui valorise le "petit lait" –rebut de la production de fromage– en beurre, en protéine et surtout en énergie. Une démarche performante et novatrice qui attire les plus gros mastodontes du secteur, comme Engie.
©Jerome Bon/Flickr
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Ils produisaient déjà un fromage fortement valorisé, qui leur permettait d’échapper à la crise ambiante du lait. Les producteurs savoyards de Beaufort font maintenant… de l’électricité. Les 650 agriculteurs de la zone, organisés en sept coopératives, se sont réunis au sein de l’Union des producteurs de Beaufort (UPB) pour mettre au point une usine sur la commune d’Albertville rendant possible la prouesse. Ouverte à l’été 2015, cete unité de production voit arriver sur ses lignes de production le lactosérum –soit le déchet du lait (le "petit lait")– dont la production de Beaufort génère neuf kilos pour un kilo de fromage.

Si une partie de ce petit lait est transformé dans cette usine en poudre de lait, en beurre, en ricotte, un nouveau débouché a été trouvé: de l’électricité. Le principe? Le petit lait est envoyé dans des bassins où sont présents des bactéries qui génèreront du méthane, soit du biogaz. Ce dernier passera dans un cogénérateur pour fabriquer de l’électricité. Et l’usine d’Albertville parvient ainsi à produire l’équivalents des besoins de 1.500 foyers. Cette production atypique est revendue ensuite à EDF.

Une valorisation de ce qui était considéré jusque-là comme des déchets qui intéresse fortement Engie. Le troisième géant mondial de l’énergie a organisé des visites du site avec plusieurs dizaines de ses cadres étrangers –l’entreprise est présente dans près de 70 pays– qui ont débarqué en Savoie pour la dernière fois en octobre. Ils souhaitaient voir comment les producteurs du Beaufortin transforme le rebut de leur production en énergie.

Un intérêt qui n’étonne qu’à moitié Yves Bochet, président de l’Union des producteurs de Beaufort: "Plus nous avançons dans ce projet, et moins je suis étonné de cet intérêt. Engie veut communiquer sur une image +verte+, ce qui correspond à notre projet. Surtout depuis que nous sommes apparus dans un documentaire de la fondation Al Gore et que nous avons eu de nombreux relais dans la presse". Et si les producteurs de Beaufort n’ont évidemment pas l’intention de délaisser leurs fromages, le passage du petit lait de déchet à produit valoris, pourrait bien passer l’étape suivante, celle du produit à forte croissance: "Dans l’avenir, cette activité sera clairement un complément intéressant à notre activité". Nul doute que les cadres d'Engie n'ont pas fini de visiter les alpages, montrant ainsi l'intérêt du groupe pour les initiatives mêlant un territoire et une innovation. Une illustration concrète de la stratégie du "agir local pour poenser global".

 

Les coopératives du Beaufortain regroupent 650 producteurs.

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