Etiquetage des plats cuisinés: les entreprises de l'agroalimentaire présentent la note

Etiquetage des plats cuisinés: les entreprises de l'agroalimentaire présentent la note

Publié le :

Vendredi 30 Décembre 2016 - 08:33

Mise à jour :

Vendredi 30 Décembre 2016 - 08:35
©USDA/Flickr
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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En 2017, l'origine des viandes et du lait dans les produits transformés et les plats cuisinés devra être indiqué sur les étiquettes. Une mesure qui doit favoriser le Made in France et les produits de qualité. Mais les entreprises de l'agroalimentaire mettent en avant le coût que cela représente.

La France mènera en 2017 une expérience unique en Europe, l'étiquetage de l'origine des viandes et du lait dans les produits transformés et les plats cuisinés, un défi logistique pour les entreprises de l'agro-alimentaire, ainsi incitées à s'approvisionner en France.

La mesure démarre le 1er janvier mais un report au 31 mars a été prévu pour permettre aux industriels de s'adapter et d'écouler sur le marché les produits déjà étiquetés afin d'"éviter le gaspillage", a précisé jeudi 29 le ministère dans un communiqué.

La mesure, mise en place à titre expérimental pour deux ans, prévoit que l'origine des viandes présentes dans les plats préparés, ou du lait dans les briques ou produits laitiers, soit obligatoirement annoncée dès que la part de viande est supérieure ou égale à 8% du poids d'un produit préparé et dès que la part de lait est égale ou supérieure à 50% pour les produits laitiers.

Cet étiquetage n'était auparavant obligatoire que pour les viandes fraîches, les fruits et légumes frais ou encore le miel. Pour que les consommateurs voient apparaître sur les emballages des plats cuisinés les pays de naissance, élevage et abattage des animaux pour la viande ou bien de collecte ainsi que de conditionnement ou de transformation pour le lait, les industriels ont dû reprendre toutes leurs étiquettes.

L'Association des entreprises de produits alimentaires élaborés (Adepale) a ainsi estimé le coût de cette opération pour les entreprises agroalimentaire à "plusieurs dizaines de millions d'euros". Selon l'association, le changement d'étiquettes "concernera au moins 3 à 4 milliards d'étiquettes pour les produits du périmètre de l'Adepale, plus le coût de la destruction d'étiquettes ou d'emballages non conformes".

Reste un coût, "difficile à chiffrer", celui du recentrage sur des viandes et du lait d'origine française, "l'un des principaux objectifs de cette réglementation franco-française", selon l'Association.

Car l'objectif du gouvernement est clair: alors que la filière élevage connaît de grandes difficultés en France, cette mesure est "une opportunité majeure pour faire reconnaître la qualité des produits agricoles et agroalimentaire français".

Depuis un accord en 2010 avec l'interprofession porcine Inaporc pour l'étiquetage volontaire de produits à base de porc, la marque Herta mentionne déjà l'origine de 90 à 95% de ses produits a expliqué à l'AFP le PDG de Herta, Arnaud de Belloy.

Mais, "ce qui est compliqué, c'est qu'en France on ne trouve pas toutes les pièces. Il manque 1/3 des jambons en France. Il y a des produits qu'on importe et on a besoin de plus d'approvisionnements en France".

Cependant, "marquer les produits étrangers, ça ne nous ennuie pas car c'est évident que dans la charcuterie vous aurez toujours des produits importés", rappelle le PDG de Herta qui espère "que ce ne soit pas une excuse quand il y a un moment de prix bas pour qu'il y ait des actions en dehors de la loi dans les magasins", c'est-à-dire des manifestations d'agriculteurs dans les enseignes qui vendent des produits étrangers.

Philippe Gélin directeur du pôle traiteur du groupe LDC dont la marque la plus connue est Marie mais qui fabrique aussi des plats de marque de distributeur (MDD), confirme: "Cela fait déjà trois ou quatre ans que l'on communique sur l'origine française des produits, il n'y a pas de changement".

Pour lui, l'enjeu est plus important pour les MDD, car "dans ce cadre-là nous répondons aux demandes de nos clients" distributeurs et à leur cahier des charges. Or "certains utilisent des viandes qui ne sont pas forcément d'origine française".

"Certains distributeurs, mais très peu, font le choix de passer à cette occasion sur des produits d'origine française. Cela fait l'objet d'une négociation", raconte-t-il.

Car "changer l'origine des produits est un choix coûteux". "Pour les produits Marie, le surcoût lié à l'approvisionnement en France - de la naissance à l'élevage en passant par l'abattage et la transformation - plutôt qu'à l'étranger a été de 2,5 millions d'euros" pour l'année, précise-t-il.

 

La mesure d'étiquetage est menée pour deux ans à titre expérimental.


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