Grève de "privilégiés" à la SNCF: un hôtelier réclame 52.000 euros à Pépy

Coup de gueule

Grève de "privilégiés" à la SNCF: un hôtelier réclame 52.000 euros à Pépy

Publié le :

Jeudi 31 Mai 2018 - 10:56

Mise à jour :

Jeudi 31 Mai 2018 - 11:05
Le groupe hôtelier Altica a adressé une lettre à Guillaume Pepy dans laquelle il réclame 52.000 euros à la SNCF en raison de l'impact de la grève sur son activité. Un geste symbolique dans lequel est également largement dénoncé ce mouvement de "privilégiés".
© PASCAL PAVANI / AFP/Archives
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La rédaction de France-Soir

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Le ton est humoristique et le groupe hôtelier Altica avoue ne pas "espérer grand-chose" en demandant au président de la SNCF Guillaume Pepy un chèque de 52.816,61 euros. Mais c'est selon l'entreprise un moyen de "marquer le coup", ou plutôt le coût de la grève SNCF pour le secteur.

"Nous, professionnels de l’industrie hôtelière, n’ayant pas l’habitude des manifestations, piquets de grèves et blocages en tout genre, en profitons pour travailler et vous écrire ces quelques lignes", commence la missive qui met donc rapidement en cause le mouvement et les "privilégiés" qui peuvent se permettre de "ne pas venir travailler".

"Nous avons perdu 1/3 de notre chiffre d’affaires à période égale (vs avril 2017). Nous avons donc pensé, vu le choc économique, à vous adresser la facture", poursuit la missive. Interrogé par Sud-Ouest, qui a repéré la lettre, le groupe Altica assure avoir "compris" que la grève SNCF avait pesé sur ses recettes. En cause, des annulations de réservations pour le mois de mai, qui s'annonçait "exceptionnel" avec les ponts mais ne l'a finalement pas été.

Un plaidoyer et un coup de gueule donc plutôt qu'une véritable demande de remboursement dont le fondement apparaît assez léger. Mais aussi un rappel que la grève de la SNCF ne pénalise pas que les voyageurs.

Lire aussi: Les céréales, victimes collatérales de la grève SNCF

Hôtellerie, agriculture, BTP... Plusieurs fédérations professionnelles ont tiré la sonnette d'alarme ces dernières semaines, appelant le gouvernement à des mesures d'urgence pour le maintien d'une bonne desserte en transport dans l'ensemble du pays.

Approvisionnement perturbé, livraisons qui restent à quai: parmi les secteurs les plus touchés figurent l'industrie lourde  -traditionnellement très dépendante du fret- et l'agroalimentaire, notamment la filière céréalière.

Quant au coût pour la SNCF elle-même, Guillaume Pepy l'estimait début avril à "20 millions d'euros par jour", notamment parce que "des clients de trains de marchandises voient que le fret n'est pas fiable (et) passent à la route". Un chiffre qui suppose que les 36 jours de grève répartis d'avril à juin représenteront un coup final de plus de 700 millions d'euros. Mais la mobilisation a clairement faiblit depuis ces affirmations du président de la SNCF.

Le groupe affirme avoir perdu de l'argent à cause de la grève SNCF.

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