L'agriculture française en perte de vitesse

L'agriculture française en perte de vitesse

Publié le :

Samedi 27 Février 2016 - 11:53

Mise à jour :

Samedi 27 Février 2016 - 11:55
©Jean-François Monier/AFP
PARTAGER :

La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

-A +A

L’agriculture française traverse une crise sans précédent depuis l'été dernier provoquant la grogne des éleveurs et des agriculteurs, notamment à l'occasion du 53e Salon de l'agriculture qui a ouvert ses portes au public ce samedi. Malgré tout, la France reste la première puissance agricole en Europe.

En perte de vitesse depuis plus de 30 ans, l'agriculture française reste un poids lourd au niveau européen mais traverse une grave crise liée à la chute des prix payés aux producteurs, dans l'élevage, les céréales et les légumes. La part de l'agriculture et des industries alimentaires dans l'économie française a chuté de près de moitié depuis 1980, essentiellement à cause de la baisse des prix des produits agricoles depuis 25 ans.

Ainsi, selon les dernières données disponibles, l'agriculture et l'agroalimentaire pesaient en 2014 3,5% du produit intérieur brut (PIB), contre plus de 6% en 1980. Et ces deux secteurs représentaient moins de 5,5% des emplois, avec 1,42 million de salariés et non-salariés.

Depuis 30 ans, la tendance est toujours la même: les petites exploitations ont tendance à disparaître au profit de structures moins nombreuses mais plus grandes. La France a perdu plus de la moitié de ses exploitations en 25 ans. Ainsi, selon le dernier recensement en date de 2010, il y a 490.000 fermes dans l'Hexagone alors qu'il y en avait encore plus d'un million à la fin des années 80, et 664.000 en 2000.

Dans la foulée, la superficie moyenne des exploitations s'est accrue de 13 hectares en 10 ans, à 56 hectares. Le paysage agricole reste néanmoins morcelé avec 30% d'exploitations inférieures à 10 hectares, contre 20% d'au moins 100 hectares.

Les filières d'élevage (lait, boeuf et porc) ont vu leurs prix s'effondrer en 2015 en dessous de leurs coûts de production, mettant les éleveurs dans des situations intenables. Les céréaliers, plutôt privilégiés jusqu'à une période récente, sont touchés de plein fouet par la chute des cours mondiaux du blé. Les maraîchers souffrent de la dégringolade des prix des légumes, arrivés en masse et précocement sur les étals à cause de l'hiver très doux, alors que la demande des consommateurs n'est pas à la hauteur.

La question de l'évaluation précise des revenus suscite des crispations dans le secteur. En décembre, l'Insee a pronostiqué une hausse de près de 9% du revenu agricole moyen pour 2015, tablant sur une baisse des coûts (aliments pour animaux, énergie, engrais) et une nette hausse des subventions. Une évaluation jugée "incompréhensible" par les principaux syndicats et organisations du secteur.

Le ministère de l'Agriculture a lui repoussé à cet été la publication de son évaluation, qu'il présentait traditionnellement en même temps que l'Insee. Les éleveurs laitiers s'attendent toutefois à une chute drastique de leurs revenus, de 40 à 50%, selon la Fédération nationale des producteurs de lait.

L'Hexagone reste la première puissance agricole en Europe, même si sa part en valeur (18%) dans la production agricole de l'Union européenne (UE) a diminué depuis 2000, notamment en raison de l'arrivée de la Roumanie et la Pologne au sein des 28. A 75 milliards d'euros en 2014, la production agricole française devance de loin celles de l'Allemagne (58 milliards), de l'Italie (54 milliards) et de l'Espagne (43 milliards).

Néanmoins, la France ne cesse de perdre des parts de marché dans le commerce alimentaire mondial. En quelques années, elle est passée de la place de 2e exportateur agroalimentaire, au 5e rang, derrière les États-Unis, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Brésil. Elle est championne dans l'exportation de céréales, d'alcool (vin + spiritueux) et de semences, mais beaucoup reste à faire dans la viande ou les fruits et légumes.

Après avoir reculé en 2014, l'excédent commercial agricole et agroalimentaire est reparti à la hausse l'an dernier, à 9,4 milliards d'euros. Mais s'il a progressé hors d'Europe, grâce aux vins et céréales, il a reculé dans l'UE, à cause du porc et des produits laitiers.

 

Depuis 30 ans, la tendance est toujours la même: les petites exploitations ont tendance à disparaître au profit de structures moins nombreuses mais plus grandes.


Commentaires

-