Le marché automobile français dopé par un calendrier favorable

Le marché automobile français dopé par un calendrier favorable

Publié le :

Mercredi 01 Juin 2016 - 12:57

Mise à jour :

Mercredi 01 Juin 2016 - 13:00
©Dominique Faguet/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Le faible nombre de jours fériés pour mai 2016 rejaillit positivement sur les ventes de voitures dans l'Hexagone. Quasiment tous les constructeurs affichent en effet des chiffres flatteurs.

Grâce à trois jours ouvrables de plus qu'en mai 2015, le marché automobile français a bondi de 22,3% le mois dernier, mais sa croissance s'est légèrement tassée en données comparables.

Alors que 175.834 voitures particulières neuves ont été mises sur les routes, Renault a brillé avec une hausse de ses immatriculations de 34%, mieux que son rival français PSA (+25,6%), a précisé mercredi le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Premier importateur, le groupe VW, en butte depuis septembre au scandale de moteurs diesel truqués, a fait moitié moins bien que la tendance générale (+11,3%).

Sur cinq mois, les immatriculations de voitures neuves en France ont progressé de 10,5%, là aussi dopées par trois jours ouvrables supplémentaires. A nombre de jours comparable, leur rythme de croissance est de 7,3%.

Les 4% de mai marquent donc un ralentissement par rapport à la tendance, sur fond de mouvements sociaux.

"C'est peut-être marginal, mais cela a pu bloquer des livraisons" de véhicules, a remarqué François Roudier, directeur de la communication du CCFA.

La croissance de 7,3% depuis janvier reste supérieure aux 6,8% enregistrés pendant toute l'année 2015, qui avait permis de tourner la page de la crise déclenchée en 2008. "Cela reste significativement positif", estime pour sa part Jean-François Belorgey, expert du marché automobile au sein du cabinet EY.

Son optimisme est soutenu par la "très forte progression" des immatriculations des véhicules utilitaires et industriels, respectivement de 7,6% et 18,6% sur cinq mois. Il s'agit "de biens d'investissement considérés comme un indicateur avancé de ce qui va se passer pour la consommation", fait-il valoir.

En mai, les deux marques du groupe Renault ont contribué à sa croissance. Les voitures frappées du losange ont vu leurs immatriculations croître de 32,6% et celles de sa filiale "low-cost" Dacia de 39,3%. Chez PSA, c'est Citroën qui était en forme (+30%), tandis que DS épousait la tendance du groupe (+25,6%) et Peugeot était légèrement en retrait (+23,1%).

Les constructeurs français ont continué à dominer leur marché intérieur avec 54,5% des immatriculations depuis janvier. Renault (+12,4%) s'est mieux comporté que PSA (+8,9%).

Et en mai, ils ont placé neuf modèles dans les dix les plus diffusés, la Renault Clio caracolant en tête, suivie des Peugeot 208 et 308. La Volkswagen Polo pointait à la neuvième place.

Malgré un mauvais mois de mai, le groupe VW est resté en croissance sur cinq mois. Ses +8,2% sont toutefois inférieurs de deux points à la tendance générale et le groupe est descendu à 12,7% de parts de marché contre 13% dans la même période de 2015. La marque Volkswagen n'a progressé que de 3,1% mais les luxueuses Audi se sont offert 19,2% de hausse.

Contre-performance pour le quatrième en volume, Ford: +0,2% sur cinq mois et -1,3% en mai. Le groupe détient 4,6% du marché depuis début 2016, devant Nissan, allié de Renault (4,1% du marché, également +0,2% en volume).

Son rival japonais Toyota croît quant à lui au rythme général (+10,3%) et règne sur 4% du marché depuis début 2016, devant un Fiat Chrysler en pleine forme, dont les 14,7% de progression permettent d'accrocher 3,7% des immatriculations françaises sur cinq mois.

Le groupe italo-américain coiffe sur le poteau BMW (3,6% du marché), qui se console avec une progression de 22,4% depuis le début de l'année.

Côté motorisations, le mois de mai a vu le diesel se reprendre, représentant 54,39% des immatriculations. Sur cinq mois, sa part s'établit à 52,66% contre 57,2% durant tout 2015. Les voitures électriques détiennent 1,14% du marché depuis le début de l'année, et les hybrides 2,83%.

Le CCFA a aussi confirmé le succès toujours croissant des "SUV", "crossovers" et autres 4x4 urbains qui, partis du néant il y a dix ans, s'arrogent 27% des immatriculations depuis le début de l'année. Les constructeurs "qui n'en ont pas, ou pas assez, risquent de décrocher", prophétise M. Belorgey.

 

Les constructeurs français ont particulièrement bien profité de l’embellie de mai.


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