Les "Uber" de la banque veulent bousculer les vieux mastodontes du secteur

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 27 janvier 2017 - 10:03
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Les banques historiques tentent de réagir face à leurs nouvelles concurrentes "uberisées".
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Elles sont plus connectées, plus simples à utiliser et meilleur marché: les "néobanques" veulent bousculer les vieux mastodontes du secteur en s'appuyant sur les possibilités offertes par les smartphones, comme Uber l'avait fait face aux taxis.

"Les banques françaises n'ont pas beaucoup bougé ces dernières années, elles ont été paresseuses en matière d'innovation", a dit à l'AFP Valentin Stalf, cofondateur de la néobanque N26, à l'occasion du Paris Fintech Forum.

Comme cet établissement allemand, qui vient d'arriver en France et revendique déjà plus de 30.000 utilisateurs dans le pays en quelques mois, nombreuses sont les sociétés qui tentent de bousculer une vieille industrie traditionnellement rentable.

L'atout de ces "Uber" de la banque réside dans la simplicité d'utilisation et la possibilité de modifier de nombreux paramètres de son compte bancaire en quelques clics. Des éléments qui ont jusqu'ici essentiellement attiré des clients plutôt jeunes, généralement âgés de 18 à 35 ans.

Ainsi, N26, présent dans dix-sept pays actuellement, permet par exemple d'activer ou désactiver une carte de paiement, de changer et choisir son code à la demande, de fixer un plafond de retraits et de dépenses pour une durée souhaitée...

Ces jeunes pousses se vantent également de proposer des tarifs plus lisibles et modérés, un élément rendu possible par leur structure même: sans réseau d'agences et avec un nombre de salariés qui se compte généralement en centaines, elles ont bien moins de frais fixes que les grands établissements qui ont pignon sur rue.

Piquées au vif, les banques historiques tentent de réagir face à ce défi. Certaines vont par exemple jusqu'à racheter l'un de ces nouveaux concurrents, à l'image de BPCE qui a acquis l'an dernier l'allemand Fidor afin d'accélérer sa stratégie numérique.

D'autres regardent avec dédain ces rivaux aux allures de David contre Goliath, persuadés qu'ils ne constituent pas une menace pour leur modèle et que la clientèle susceptible de rejoindre l'une de ces néobanques finira par revenir dans leur giron au moment de contracter un prêt important, pour un achat immobilier par exemple.

Pourtant, l'expérience récente a prouvé qu'il existait une place pour des modèles différents, notamment en France où Compte Nickel (Financière des paiements électroniques, FPE) revendique plus de 485.000 clients en trois années d'existence.

Cette offre, qui s'appuie sur le réseau des buralistes et 2.200 points de vente, coûte 20 euros par an pour la formule de base (carte prépayée sans dépôt minimum et sans conditions de revenus, ouverte aussi aux 12-18 ans). S'ajoutent des frais lors des retraits et dépôts d'argent, entre autres.

"Compte Nickel peut encore progresser. La niche n'est pas atteinte mais, aujourd'hui, il reste à prouver qu'ils garderont ce rythme de développement", a tempéré Laurent Nizri, fondateur du Paris Fintech Forum et directeur associé du cabinet de conseil spécialisé dans les moyens de paiement Altéir Consulting.

Mais la principale menace qui risque de bousculer le secteur en 2017 est le lancement de la banque de l'opérateur Orange, qui combine expertise technologique et vaste réseau de boutiques sur le territoire français.

S'y ajoute la promesse de tarifs attractifs, son PDG Stéphane Richard ayant assuré mardi que sa nouvelle activité allait proposer "une véritable rupture par rapport à ce qui existe aujourd'hui dans le secteur de la banque en France", à l'instar de ce que Free avait réalisé dans la téléphonie mobile face aux opérateurs historiques.

 

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