L'UFC-Que choisir dénonce les pratiques trompeuses et la réalité des rendements des plates-formes de financement participatif

L'UFC-Que choisir dénonce les pratiques trompeuses et la réalité des rendements des plates-formes de financement participatif

Publié le :

Jeudi 23 Février 2017 - 17:47

Mise à jour :

Jeudi 23 Février 2017 - 18:42
Le prêt direct entre particuliers et entreprises, chapeauté par des plates-formes dédiés, a le vent en poupe. Mais l'UFC-Que choisir a publié un rapport au vitriol sur les rendements annoncés et certaines pratiques de ces sociétés. Des dérives qui pourrait mettre à mal la confiance indispensable dans ce secteur d'activité.
©Durand Florence/Sipa
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La rédaction de FranceSoir.fr

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L'UFC-Que choisir a décidé de frapper fort dans son rapport publié ce jeudi 23. L'association de défense des consommateurs pointe du doigt et sans détour le domaine des plates-formes de prêts aux entreprises par des particuliers, le crowdfunding (et plus précisément le "crowdlending", puisqu'il ne s'agit pas à proprement parler de dons), en pleine explosion avec 440 millions d'euros collectés rien qu'en 2016. Pour rappel, les plates-formes collectent de l'argent que les particuliers veulent mettre directement à disposition des entreprises présentant leurs projets, le tout pour un retour sur investissement, en cas de succès, affichant des taux flatteurs. Problème, l'UFC-Que choisir pointe du doigt des affirmations erronées sur les taux de rendement annoncés et surtout sur la viabilité des projets proposés.

"Le système est vérolé", critique Alain Bazot, président de l’UFC. "Les techniques de commercialisation des plateformes sont fortement préjudiciables aux prêteurs". Les mots sont forts pour décrire un secteur où la rémunération des plates-formes se faisant à la commission, ces dernières sont incitées à proposer des projets dont il apparaît presque évident que la viabilité ne sera pas assurée. Le tout, en trahissant ouvertement la confiance des prêteurs en leur avançant des données tronquées. "Nos estimations tablent sur un taux de défaut de 10,1 % au bout de 3 ans, un niveau 5 à 10 fois supérieur au risque communiqué par les plateformes", prévient l’UFC. Or, l'association prend l'exemple de la plate-forme Unilend, leader du marché, qui annonce un taux dé défaut de 8,7% des projets, alors que la réalité se situerait plutôt à… 14,5%. Des dissimulations qui ne permettent pas aux prêteurs de faire des choix éclairés et qui peuvent saper, à terme, la confiance dans les acteurs présents sur ce marché, pierre angulaire du système.

Quant aux rendements, là aussi le choc est rude. Certains sites annoncent en effet un taux à deux chiffres (en admettant bien sûr que le projet ne fasse finalement pas défaut). La réalité serait tout autre là encore: "alors que les consommateurs sont attirés avec des promesses de taux d’intérêt allant jusqu’à 10%, nos travaux montrent que le rendement final (…) devrait s’établir entre… 0,33 % et 1,6 %". Pour rappel, le livret A, un placement sans risque, rapporte 0,75% par an… Comment de tels écarts sont-ils possibles? Là encore selon l'UFC, le plates-formes tromperaient la confiance de leurs investisseurs potentiels puisque "les taux de rendement annoncés par les sites de crowdfunding ne prennent en compte ni les défauts de remboursement, ni la fiscalité qui pèse sur l’épargnant", déplore Matthieu Robin, chargé d’études à l’UFC.

L’UFC a décidé de saisir l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) pour qu’elle s’assure du respect par les plates-formes de leurs obligations. L'organisation a mis en demeure les sites Bolden, Lendix, Lendopolis, Pretup et Prexem de faire preuve de transparence dans les informations qu'elles communiquent à leurs utilisateurs, sous peine de voir l'UFC-Que choisir saisir directement la justice.

L'UFC-Que choisir dénonce des rendements loin de ce qui est annoncé, et des défaillances nombreuses.

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