Miné par les sanctions, Huawei admet qu'il ne dépassera pas Samsung

Miné par les sanctions, Huawei admet qu'il ne dépassera pas Samsung

Publié le :

Mardi 11 Juin 2019 - 12:30

Mise à jour :

Mardi 11 Juin 2019 - 12:49
© HECTOR RETAMAL / AFP
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Huawei espérait devenir le premier acteur mondial du marché du mobile dès 2019, en dépassant Samsung. Mais la firme chinoise, minée par les sanctions, a admis lundi 10 que cet objectif était impossible à atteindre cette année.

Les coups assénés sont durs et l'entreprise a reconnu qu'ils ont porté un coup d'arrêt à ses projets de développement. Dans une déclaration faite lundi, la direction du géant chinois de la téléphonie et des télécoms reconnaît que l'entreprise va échouer à devenir le premier vendeur de téléphones mobiles au monde cette année 2019. Il s'agissait pourtant de l'un des objectifs emblématiques de la société, qui a dû plier face à l'impact des sanctions américaines.

"Nous serions devenus les plus importants au quatrième trimestre mais nous estimons maintenant que ce processus pourrait prendre plus de temps" a déclaré Shao Yang, le responsable de la stratégie du géant de Shenzhen, selon plusieurs sources médiatiques.

Huawei qui, selon les annonces de l'entreprise, vend entre 500.000 et 600.000 mobiles par jour, espérait devenir leader sur le marché en dépassant Samsung (l'entreprise vend déjà plus qu'Apple). Elle assurait en janvier que cet objectif pourrait se faire même sans le marché américain.

Sauf que les mobiles Huawei subissent un contrecoup à l'échelle mondiale liée à l'interdiction faite par les autorités américaines aux entreprises nationales de collaborer avec la société chinoise. Google a déjà confirmé qu'elle ne fournirait plus les futurs modèles de la marque en applications. S’il est toujours possible d’utiliser Android, car Google avait mis à disposition une version allégée en source libre, fini les Google Maps et autre Play Store sur les nouveaux modèles de Huawei, les rendant brusquement moins attractifs pour les consommateurs.

Vendredi 7, c'est Facebook qui a annoncé que ses applications (Facebook donc, mais aussi Instagram ou WhatsApp) ne seraient plus préinstallées sur les mobiles Huawei, même s'il sera toujours possible pour les détenteurs des appareils de les télécharger directement après achat du téléphone. Mais le message envoie un signal particulièrement négatif.

Lire aussi - Huawei privé de Google: quelles conséquences pour les utilisateurs?

Conséquence: face à cette image de marque "à risques" pour l'avenir, le volume d'affaires a commencé à fléchir en Europe, et notamment en France. Dans l'Hexagone, selon une information dévoilée par Bloomberg, les ventes se seraient effondrés de 20% en une semaine seulement, après l'annonce des sanctions américaines. La situation ne s'est visiblement pas rétablie depuis.

Le scandale qui vaut à Huawei les foudres des autorités américaines porte principalement sur des suspicions de cyber-espionnage de la part de la firme en faveur du gouvernement chinois, notamment via ses infrastructures 5G qui commencent à équiper les réseaux mondiaux même si certains Etats décident de s’en détourner.

Voir aussi:

5G: Huawei prêt à signer des accords de "non espionnage" (président)

Canada: une dirigeante de Huawei réclamée par les Etats-Unis face à la justice

Huawei admet que l'entreprise ne remplira pas son objectif.


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