Retraite: mais qui sont les travailleurs qui peuvent encore partir avant 60 ans?

Retraite: mais qui sont les travailleurs qui peuvent encore partir avant 60 ans?

Publié le :

Mardi 11 Juillet 2017 - 14:55

Mise à jour :

Mardi 11 Juillet 2017 - 15:17
© JOEL SAGET / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le gouvernement vient d'annoncer une réforme du compte pénibilité qui permettait à certains salariés de partir en retraite de manière anticipée. Le nouveau dispositif le permettra toujours mais réduit un peu plus les ouvertures pour un départ précoce, à laquelle peuvent encore prétendre pourtant certaines catégories de travailleurs.

Après avoir été perçus comme les gagnants des dernières décennies, l'avenir des retraités pourrait s'annoncer plus sombre. Entre un niveau de vie qui pourrait commencer à baisser dès 2020, et une hausse de la CSG qui s'appliquera intégralement sur leur revenu (du moins pour ceux qui la paient à taux plein), la retraite pourrait ne plus s'avérer aussi plaisante qu'auparavant. Et, de report de l'âge en début de carrière tardif, le symbole de la cessation d'activité 60 ans concerne de moins en moins de salariés en fin de carrière. D'autant que la réforme annoncée du compte pénibilité, en réduisant les critères permettant un départ anticipée, ne va pas générer de nouvelles ouvertures.

Pourtant, malgré les réformes, quelques cas de figure existe encore où la retraite à 60 ans, et même avant. C'est bien entendu le cas pour les métiers demandant des aptitudes particulières où un âge de départ à la retraite d'office (et donc sans possibilité de refuser). Les contrôleurs aériens doivent ainsi liquider leurs droits à 57 ans maximum et les militaires à 52 ans. Et ils sont bien au-dessus des champions toute catégorie en la matière: les danseurs de l'Opéra de Paris qui doivent raccrocher les ballerines à 40 ans. Ces professionnels peuvent bien sûr cumuler leur retraite avec un nouvel emploi (et peuvent même cumuler à terme deux pensions de retraite).

Outre ces spécificités, pour les salariés du régime général, il est encore possible de partir à 60 ans ou avant pour ceux qui ont commencé leur carrière (depuis la loi de 2004) avant l'âge de 20 ans et sous réserve bien entendu qu'ils aient les trimestres requis (en principe 160).

Les personnes qui présentent un handicap peuvent aussi partir de manière anticipée, sous réserve de justifier d'une incapacité permanente d'au moins 80% et d'avoir cotisé un certain nombre de trimestre. Il est ainsi possible de partir à 55 ans pour les plus précoces (et même 50 ans en cas de maladie professionnelle liée à l'amiante). Ce dispositif n'a pas de rapport avec le compte pénibilité malgré les ressemblances. Certaines professions, comme les routiers, possèdent aussi un système de retraite anticipée (qui n'est donc pas la "vraie" retraite à proprement parler), où l'Etat est partenaire, qui leur permet sous conditions de partir à 57 ans. Mais ce système est en cours de réforme et rien n'indique qu'il continuera à être conservé.

Dernier cas, souvent le plus décrié, les départs à la retraite précoce pour les agents de la fonction publique. Les "régimes spéciaux" existent toujours, même si leur nombre de bénéficiaires diminuent. Les agents de la RATP travaillant sur terrain ou les "sédentaires" de la SNCF peuvent liquider leurs droits à 57 ans (avec au moins 27 ans d'ancienneté). Les "roulants" de la SNCF, eux, peuvent partir à 52 ans avec 17 ans d'ancienneté.

Dans le reste de la fonction publique, si les règles tendent à s'aligner sur le privé petit à petit, les agents dont le poste est caractérisé par "un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles" peuvent partir entre 52 et 57 ans selon les contextes. Ces exceptions concernent les policiers, les surveillants de prison, les pompiers, les égoutiers, les aides-soignants et certaines infirmières ou éducateurs avec 17 ans d'ancienneté. Un âge rallongé de deux ans depuis 2012. 

Certains travailleurs, de moins en moins nombreux, bénéficient encore de régimes avantageux.

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