Tourisme: les Asiatiques se détournent plus de la France que les Américains suite aux attentats

Tourisme: les Asiatiques se détournent plus de la France que les Américains suite aux attentats

Publié le :

Mardi 21 Février 2017 - 17:46

Mise à jour :

Mardi 21 Février 2017 - 17:54
L'année 2016 a globalement été très mauvaise pour le secteur du tourisme, malgré quelques signes encourageants en fin d'année. Les étrangers, douchés par la peur des attentats, se détournent en partie de la France et de Paris, mais dans des proportions très différentes selon les nationalités. Si les Asiatiques boudent l'Hexagone, les Américains semblent mieux "relativiser" la situation.
© LUDOVIC MARIN / AFP
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La France a perdu 1,5 million de touristes en 2016, du fait de la peur et de la mauvaise image générées par les attentats meurtriers qui frappent l'Hexagone depuis 2015, d'après des chiffres communiqués mardi 21 par le Comité régional du Tourisme (CRT). Le gouvernement n'a pas encore confirmé ces données.

Mais le CRT dévoile des données affinées plus étonnantes: ce désamour de la destination France ne touche pas toutes les nationalités dans les mêmes proportions. Les écarts sont mêmes très importants selon les continents. La Chine - troisième contingent de visiteurs étrangers pour Paris et l'Ile-de-France- a envoyé 268.000 touristes en moins en 2016, soit une baisse de 21,5%. Le Japon enregistre le plus fort recul en arrivées hôtelières, -41,2% (soit 225.000 touristes perdus). A l'inverse, la clientèle américaine -la première en nombre pour la destination- a été "peu impactée" avec une baisse de 4,9% sur un an, soit un déficit de 100.000 visiteurs.

Comment expliquer une telle différence, alors que les attentats en France ont été largement médiatisés dans l'ensemble des pays d'origine des touristes? Pauline Bénéat, porte-parole France du site Voyages Pirates, explique à FranceSoir que c'est l'intensité de l'attente d'un voyage en France (et surtout à Paris) qui, paradoxalement, nourrit le rejet: "Les attentats terroristes viennent particulièrement entâcher la vision idéale de la France qui anime les Asiatiques, et peuvent expliquer un rejet important et un détournement vers d’autres destinations. Paris est aussi prisée des Américains mais ils ne nourrissent pas la même fascination pour la France que les pays asiatiques, d’où peut-être une réaction de rejet moins marquée à la suite des attaques terroristes". En outre, analyse la spécialiste, "s’ajoute le fait que les USA sont également touchés par le terrorisme et par un taux assez élevé de violence par armes à feu ce qui rend, on peut l’imaginer, une destination comme Paris moins effrayante même en période d’attentats pour les Américains que pour les Japonais dont le taux de criminalité est l’un des plus bas au monde".

Cette désaffection a surtout un coût pour l'économie française: pour la seule région Ile-de-France, le manque à gagner est estimé à 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires selon le CRT. La capacité de traverser rapidement ce trou d'air et de récupérer les touristes qui se sont détournés est l'une des questions majeures pour le secteur en 2017. La période de Noël a donné des signes encourageants: les arrivées hôtelières ont enregistré une hausse de 12,5% en novembre-décembre, "soit 581.000 touristes en plus" selon le CRT, la Fashion Week et le championnat du monde de handball en janvier ont ensuite constitué de bons relais. Reste à confirmer dans la durée, et récupérer notamment la clientèle asiatique qui, dans le cas des Japonais par exemple, "s'est détournée de la France au profit de destinations comme le Canada ou l'Australie" détaille Pauline Bénéat. A voir si l'attraction de Paris sur ces marchés sera plus fort que la peur.

La clientèle touristique est celle qui s'est le plus massivement détournée de la France en 2016.


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