Deux bateaux attaqués dans le golfe d'Oman: danger pour le prix du pétrole?

Deux bateaux attaqués dans le golfe d'Oman: danger pour le prix du pétrole?

Publié le :

Jeudi 13 Juin 2019 - 12:39

Mise à jour :

Jeudi 13 Juin 2019 - 12:48
© HAIDAR MOHAMMED ALI / AFP
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La rédaction de France-Soir

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Ce jeudi 13, deux bateaux transportant du pétrole ont subi des "attaques", dont peut-être une impliquant une torpille. Un nouvel incident grave sur fond de crise diplomatique majeure entre l'Iran, les pays du Golfe et les Etats-Unis, qui peut faire craindre des variations sur le marché de l'or noir.

La tension vient encore de grimper d'un cran: deux pétroliers naviguant dans le golfe d'Oman ont été évacués après des événements pouvant s'apparenter à des attaques même si les éléments précis restent encore flous et en attente de confirmation.

Selon des informations de l'Agence France Presse, le Front Altair, un navire de la compagnie norvégienne Frontline aurait été atteint par une torpille au large des Emirats arabes unis. Le navire battant pavillon des îles Marshall serait en flammes. Le second navire serait le Kokuka Courageous, un navire sous pavillon panaméen, transportant lui aussi du pétrole brut. Il aurait coulé. Les équipages auraient été secourus par des marins iraniens et débarqués sur le sol de la République islamique.

Cet événement grave sur le plan géopolitique va-t-il impacter sur le prix de l'essence à la pompe? L'incident intervient en effet dans un contexte difficile: il y a un mois, de mystérieux "actes de sabotages" avaient atteint quatre navires circulant dans la même zone. L'Arabie saouditre avait désigné l'Iran comme responsable sans que cet élément ne soit encore prouvé.

Or, cette brusque montée de la température dans la région avait causé une hausse du prix du pétrole quasi-immédiate. Lundi 13 mai, jour desdits "sabotages", le pétrole avait grimpé de plus de 2% à Londres (72,15 dollars). Pourquoi une telle réactivité alors que l'incident n'avait pas sérieusement remis en cause l'approvisionnement en pétrole des secteurs économiques? Car derrière l'incident se niche la crainte d'une baisse de l'offre.

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Les Etats-Unis continuent de faire peser la pression des sanctions sur l'Iran –relancées en 2018– ce qui pourrait réduire alors l'offre sur le marché –la République islamique est le cinquième producteur mondial d'or noir– alors que la demande ne prendra pas le même chemin. Certes, l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis ont assuré qu'elles augmenteront la production si le marché souffre d'un déficit de l'offre, ce qui n'avait pas forcément rassuré le marché en plus d'attiser la colère de Téhéran.

Si rien n'indique pour l'instant que l'Iran soit impliqué dans les événements de ce jeudi, Téhéran avait joué des muscles sur le plan diplomatique. En marge d'une rencontre lundi 10 avec son homologue allemand, le ministre des Affaires étrangères de la République islamique avait fait une déclaration martiale: "On ne peut pas espérer qu'une guerre économique contre le peuple iranien continue et que ceux qui soutiennent cette guerre ou l'ont déclenchée restent en sécurité".

Voir aussi:

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Iran : l'UE refuse la stratégie de tension américaine

Les pétroliers ont été attaqués dans le golfe d'Oman (illustration).


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