Fifa: le magnat chinois Wang Jianlin se rêve roi du sport mondial

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Fifa: le magnat chinois Wang Jianlin se rêve roi du sport mondial

Publié le :

Dimanche 20 Mars 2016 - 17:49

Mise à jour :

Dimanche 20 Mars 2016 - 17:50
Wang Jianlin, l'homme le plus riche de Chine, veut faire de son groupe, nouveau sponsor de premier plan de la Fifa, un leader mondial su sport. Une initiative soutenue par Pékin qui y voit une occasion de faire rayonner l'Empire du Milieu à l'international.
©Franck Fife/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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L'homme le plus riche de Chine, Wang Jianlin, a édifié un colossal empire de 100 milliards de dollars (près de 89 milliards d'euros) basé sur ses centres commerciaux, mais veut désormais bâtir un titan mondial du sport à la hauteur des ambitions économiques et politiques de son pays. L'annonce vendredi 18 que son groupe, Wanda, allait devenir un sponsor de premier plan de la Fifa, est un retentissant nouvel exemple de ses ambitions internationales.

A l'heure où la croissance chinoise ralentit et le marché immobilier stagne, les observateurs saluent le flair de M. Wang, artisan d'une réorientation internationale vers les secteurs plus porteurs du sport et du divertissement. Une initiative aiguillonnée, il est vrai, par les appels du gouvernement chinois à investir à l'étranger et y faire rayonner la culture nationale.

"Beaucoup de gens s'intéressent au football, donc c'est un gros coup en termes de communication", estime Deng Haozhi, analyste chez le promoteur immobilier chinois Fineland, en référence au sponsoring de la Fifa. "Cela répond également à un impératif politique", déclare-t-il à l'AFP. "Beaucoup de promoteurs immobiliers sont désormais présents dans le football".

Le président chinois Xi Jinping, lui-même fan, veut faire de la Chine une puissance du ballon rond, loin devant son indigne 96ème place au classement mondial Fifa, entre le Guatemala et le sultanat d'Oman. Une phrase du dirigeant -qui a dit espérer voir la Chine organiser puis gagner une Coupe du monde- a encouragé un afflux de cash vers les clubs nationaux. L'ambitieuse Chinese Super League (L1 chinoise) a ainsi déboursé un montant record de 331 millions d'euros pour l'achat de joueurs avant la nouvelle saison, entamée début mars.

"C'est un moyen pour la Chine d'être plus influente à la Fifa et à terme d'obtenir l'organisation du Mondial, mais c'est un long chemin", estime Cameron Wilson, fondateur de Wild East Football, un site internet dédié au football chinois.

Si les centres commerciaux Wanda comptent parmi les plus populaires de Chine, Wang Jianlin était encore inconnu à l'étranger avant son rachat en 2012 de la chaîne américaine de cinémas AMC, pour 2,6 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros). La division sport du groupe, elle, prétend déjà être la plus grande compagnie sportive mondiale et vise les 10 milliards de dollars (près de 8,9 milliards d'euros) annuels de chiffre d'affaires.

Wanda Sports possède l'agence de marketing sportif Infront, l'organisateur des triathlons Ironman, et une participation de 20% dans le club de football de l'Atletico Madrid. Infront et Wanda Sports sont dirigés par Philippe Blatter, le neveu de l'ex-patron déchu de la Fifa Sepp Blatter. L'"industrie culturelle" -sport, cinéma, divertissement et tourisme- devient ainsi "l'un des cœurs de métier de Wanda", souligne son site internet.

Même si l'entreprise, un temps propriétaire de l'équipe de la ville de Dalian (Nord-Est), n'est plus partie prenante dans un club chinois, le ballon rond demeure une priorité pour Wang Jianlin. "Les dirigeants prennent cela très à cœur, et l'administration des sports m'a relancé à de nombreuses reprises, donc j'offre mon soutien au football chinois", a écrit dans un récent livre M. Wang, dont la fortune est estimée par Bloomberg à 30 milliards de dollars (26,6 milliards d'euros). Avec la Fifa, Wanda profitera des droits sur les compétitions de l'institution jusqu'à la Coupe du monde 2030 comprise.

Comme les autres grandes compagnies privées, ce conglomérat est conscient de l'importance d'entretenir de bonnes relations avec les autorités. Wang Jianlin avait ainsi confirmé que le beau-frère du président Xi Jinping avait détenu des actions dans son entreprise.

M. Wang, fils d'un capitaine de l'Armée rouge communiste, fut lui-même soldat avant de fonder Wanda à la fin des années 1980. Ex-responsable politique local à Dalian, Wang Jianlin y avait dirigé un promoteur immobilier d'Etat déficitaire, l'intégrant ensuite à son entreprise.

Il entend désormais faire de Wanda une multinationale "de classe mondiale" avec d'ici 2020 d'ambitieux objectifs en termes d'actifs (200 milliards de dollars, 177,5 milliards d'euros), chiffre d'affaires (100 milliards) et bénéfices (10 milliards).

"Si Wang Jianlin peut amener la Coupe du monde en Chine, estime un internaute, alors ce sera un héros".

 

"Beaucoup de gens s'intéressent au football, donc c'est un gros coup en termes de communication", selon un analyste.

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