FMI: concert de soutiens pour un deuxième mandat de Christine Lagarde

FMI: concert de soutiens pour un deuxième mandat de Christine Lagarde

Publié le :

Jeudi 21 Janvier 2016 - 18:40

Mise à jour :

Jeudi 21 Janvier 2016 - 18:44
Alors qu'elle a jusqu'au 10 février prochain pour déposer sa candidature, la directrice générale du Fonds monétaire International (FMI), Christine Lagarde, est largement soutenue par la classe politique française mais aussi internationale. Son travail à la tête du FMI est jugé "remarquable".
©Yuri Gripas/Reuters
PARTAGER :

La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

-A +A

La Française Christine Lagarde n'a officiellement pas encore fait acte de candidature pour rempiler à la tête du FMI mais les soutiens de poids s'accumulent pour la dirigeante depuis que l'institution financière a ouvert jeudi le processus de désignation. Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a été le premier à se ranger derrière celle qui avait pris les rênes du Fonds monétaire international en 2011 dans le fracas du scandale Strauss-Kahn et dont le mandat expire en juillet.

"Je serais ravi de soutenir (Mme) Lagarde pour un nouveau mandat à la tête du FMI. C'est une dirigeante remarquable", s'est enthousiasmé le chancelier de l'Echiquier jeudi matin, le jour même où le dépôt de candidatures s'ouvrait au FMI. Son homologue allemand Wolfgang Schäuble a fait de même en jugeant que Mme Lagarde avait été "une gestionnaire de crise prudente et couronnée de succès à un moment difficile".

En déplacement au Forum de Davos, le Premier ministre français Manuel Valls a lui aussi apporté son soutien à Mme Lagarde en assurant lui faire la "plus grande confiance". Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a fait de même sur Twitter. Représentant le premier actionnaire du FMI, le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew a, de son côté, dit espérer "pouvoir continuer à travailler" avec Mme Lagarde.

La principale intéressée, qui vient de fêter ses 60 ans, n'a pas formellement fait acte de candidature mais elle s'est dite "flattée" par ces marques de soutien jeudi à Davos, dans un entretien à CNN International. Elle s'était déjà à plusieurs reprises dans le passé dite "ouverte" à l'idée d'un nouveau mandat. "Je suis prête à servir", avait-elle dit en octobre à Lima lors de l'assemblée générale du FMI.

A six mois de la fin de son mandat, l'agenda commence à se préciser. Depuis ce jeudi, les personnalités intéressées peuvent déposer leur candidature et ont jusqu'au 10 février pour le faire. La décision finale sera prise d'ici au début mars sur la base du consensus par le conseil d'administration du FMI, l'instance de direction de l'institution qui compte 24 membres représentant les 188 Etats-membres.

En dévoilant mercredi ce calendrier extrêmement serré, le FMI a appelé de ses voeux un processus "ouvert, fondé sur le mérite, et transparent" sur le modèle de 2011 où Mme Lagarde avait affronté la candidature du banquier central mexicain Agustin Carstens. Pas sûr qu'un tel scénario se reproduise cette année et qu'une personnalité de haut rang prenne le risque de mener une bataille quasiment perdue d'avance contre une dirigeante déjà en place et soutenue par les grandes puissances.

La règle tacite réservant par ailleurs la direction du FMI à un Européen rend par ailleurs peu probable une candidature poussée par un grand pays émergent. Un temps pressentis, les dirigeants de la banque d'Angleterre Mark Carney et d'Inde Raghuram Rajan ont démenti toute velléité de se présenter. Présenté par le Canard Enchaîné comme un possible prétendant poussé par la France, le patron franco-ivoirien de Crédit Suisse, Tidjane Thiam, a assuré être "très concentré" sur ses fonctions actuelles.

Dans l'optique d'un nouveau mandat, Mme Lagarde pourra se prévaloir d'un bilan plutôt flatteur au FMI après avoir notamment redoré le blason de l'institution et débloqué une importante réforme de sa gouvernance. Sous son mandat, le FMI n'aura toutefois pas su empêcher le plus grand défaut de paiement de son histoire avec la Grèce et a été accusé d'instrumentalisation politique en apportant son soutien à l'Ukraine. Seule véritable ombre au tableau, l'ancienne ministre de l'Economie a été renvoyée en décembre devant la justice française pour sa "négligence" supposée dans l'affaire de l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie concernant la vente d'Adidas par le Crédit Lyonnais.

La dirigeante, qui a fait appel de cette décision, a toutefois reçu le soutien du conseil d'administration du FMI qui s'est dit "confiant" dans ses capacités à assurer ses fonctions en dépit de ces tracas judiciaires. "J'ai toujours agi dans les meilleurs intérêts de mon pays", a-t-elle affirmé jeudi devant les caméras de CNN International.

 

Vers un deuxième mandat à la tête du FMI pour Christine Lagarde?

Sur le même sujet, la rédaction vous propose:



Commentaires

-