Moody's dégrade la note de la Chine, une première depuis 1989

Moody's dégrade la note de la Chine, une première depuis 1989

Publié le :

Mercredi 24 Mai 2017 - 16:18

Mise à jour :

Mercredi 24 Mai 2017 - 16:25
© GREG BAKER / AFP
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L'agence de notation Moody's, une des trois grandes sociétés de ce secteur stratégique, a décidé de dégrader la note de la Chine. C'est une première depuis 1989, et un signe que cette fois les difficultés économiques de la Chine commencent à saper l'optimisme des observateurs internationaux.

Ce n'est pas le premier pays à subir une dégradation. La France elle-même avait perdu sa note maximale en 2012 auprès des trois grandes agences de notation. Mais c'est un geste considérable, aux répercussions encore incertaine que vient de faire Moody's, l'un de ces géants qui font la pluie et le beau temps sur les taux auxquels les pays peuvent s'endetter sur le marché. L'agence vient en effet de dégrader ce mercredi 24 la note… de la Chine. Sa note passe du quatrième échelon (Aa3 – catégorie "qualité haute ou bonne") au cinquième (A1 – catégorie "moyenne supérieure"). Or, un tel geste est une première pour la Chine depuis 1989, l'année des événements de Tiananmen.

L'agence de notation fait état de craintes croissantes sur le niveau d'endettement de la Chine dans un contexte où les indicateurs macroéconomiques de l'Empire du Milieu se grippent franchement. Moody's explique que même si des réformes sont en cours, elles ne seront pas suffisantes pour empêcher la spirale de la dette dans le pays. Fin 2016, la dette chinoise a grimpé à 277% du PIB contre 254% un an plus tôt, le signe que Pékin est obligé de relâcher la bride budgétairement pour maintenir son système avec une croissance de 6,9% pour 2016, jugée trop faible (et qui devrait encore baisser en 2017).

Les autorités chinoises, signe que la nouvelle n'est pas anodine, ont immédiatement répondu à la nouvelle expliquant que Moody's "surestime" les problèmes et "sous-estime" les capacités chinoises de prendre les mesures nécessaires. Dans l'absolu, le fait que la dette chinoise est très largement détenue par des agents économiques nationaux.

Les deux autres agences de notation majeures, Fitch et Standard & Poor's n'ont pour l'instant pas bougé. Mais leur réaction va être scrutée de près. En mars 2016, quand Moody's avait déjà décidé de modifier la "perspective" (un autre indicateur) de la Chine, la passant de "stable" à "négative, les deux autres lui avaient emboîté le pas le même mois.

La Chine souffre d'une croissance en berne et d'une dette galopante.

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