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Triathlon - Steve Dremont, un super-héros si ordinaire

Publié le 18 août 2010 à 06h26
Mis à jour le 17 août 2010 à 17h26

Au bout de la souffrance, le Savoyard a été le dernier concurrent à franchir la ligne d’arrivée de l’Embrunman, le triathlon réputé le plus difficile de France.

Dimanche, lors de l’Embrunman, tenu sous la météo capricieuse d’Embrun, seule la mini-tornade qui a balayé furtivement les lieux faisait office de surprise. Pour le reste, rien de nouveau. Pour la deuxième année d’affilée, Marcel Zamora a remporté la compétition. Le triathlète espagnol a bouclé les 3,8 km de natation, les 188 km de cyclisme et les 42,195 km de marathon en 9 h 38 min 50 sec. Le double lauréat de l’épreuve avait sans doute gagné son lit pour une nuit de sommeil bien méritée lorsque Steve Dremont a franchi la ligne d’arrivée.

Peu avant minuit et après dix-huit heures de souffrance, le Savoyard était le dernier des 900 participants à en finir avec ce véritable parcours du combattant. « C’est une performance gigantesque. Lorsque j’ai fini la course, j’avais le corps tétanisé, il m’était impossible de marcher. Cela fait cinq ans maintenant que je participe à cette épreuve et c’est la première fois que je termine. Tous les ans, j’améliore de 15 à 20 minutes mon chronomètre, je suis très satisfait. » La satisfaction peut être d’autant plus grande que l’Embrunman en laisse beaucoup sur le carreau. Plus d’un triathlète sur trois jette l’éponge. Bravant des conditions dantesques, Steve Dremont, qui est devenu fondu de la discipline voilà sept ans, a pris son mal en patience d’un bout à l’autre de la course. « J’ai subi l’orage, les basses températures, j’ai fini en marchant et j’ai même pleuré quelquefois en route. J’aurais pu abandonner comme beaucoup, mais je me devais de finir la course. Je l’ai fait pour mon bébé qui vient tout juste d’avoir 4 mois, pour que plus tard je puisse lui montrer les photos et lui dire que c’est pour lui que je l’ai fait. »

Dix-huit heures de course

Au quotidien, le triathlète est vendeur de vélos. Afin de prendre part à la compétition considérée comme la plus pénible de l’Hexagone, en raison notamment des dénivelés, Dremont a pris une licence individuelle. Pour les entraînements, c’est donc le système D qui prévaut. « J’ai dû me préparer en très peu de temps. Pendant six mois environ, je m’entraînais entre midi et 14 heures lorsque le magasin était fermé. Je me rendais également au travail à vélo. » La natation, première épreuve de l’Embunman, était programmée à 6 heures. En tout et pour tout, l’épreuve a mobilisé ce père d’un enfant dix-huit heures durant.

Qu’est-ce qui peut bien pousser un homme à tant de témérité ? « Cette épreuve reste un mythe... Le dénivelé est gigantesque, le défi est de taille et l’ambiance y est magique. » Une ambiance dont s’est épris cet homme de 39 ans. Steve Dremont s’est d’ores et déjà engagé pour la prochaine édition, « même si ma femme espère que j’arrêterai, car elle en a marre de m’attendre dans le froid ». Avant cela, le héros d’Embrun aura l’occasion de s’étalonner au TriStar111 Monaco, le 5 septembre.

Par Nabil Oullami
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