[MAJ] Une rentrée politique de tous les dangers au Brésil

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

[MAJ] Une rentrée politique de tous les dangers au Brésil

Publié le 03/02/2017 à 08:55 - Mise à jour à 09:30
© NELSON ALMEIDA / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): Par AFP

-A +A

La rentrée parlementaire s'annonce des plus mouvementées au Brésil, avec au menu le vote de mesures d'austérité impopulaires du président Michel Temer, alors que de nouveaux rebondissements explosifs sont attendus dans le scandale Petrobras.

Des hommes politiques de tout bord attendent avec angoisse les révélations des confessions d'anciens cadres du géant du BTP Odebrecht, qui ont noué des accords de collaboration avec la justice en échange de remises de peine.

L'enquête tentaculaire a mis au jour un vaste réseau de corruption ayant détourné près de 2 milliards de dollars du groupe pétrolier d'État via l'octroi de juteux marchés de sous-traitance surfacturés à des groupes de construction.

Au Congrès, de puissants alliés de M. Temer viennent d'être élus sans surprise à la tête des deux chambres, avec une très large majorité des voix : le multimillionnaire Eunicio Oliveira, 68 ans, du PMDB (centre-droit), au Sénat, et Rodrigo Maia, du DEM (droite), 46 ans, à la Chambre des députés.

Tous deux sont pourtant cités dans les confessions d'Odebrecht, tout comme le président Temer, bien qu'aucun des trois n'ait été officiellement mis en cause.

Et désormais ce sont les témoignages de 77 ex-cadres du groupe de construction, versés au dossier cette semaine, qui pourraient compromettre encore bien des responsables politiques et grands patrons brésiliens.

- Redonner confiance aux marchés -

Tout au long de l'année 2016, la crise politique rythmée par le long et houleux processus de destitution de Dilma Rousseff a été envenimée par les révélations explosives de l'opération judiciaire "Lava Jato" (lavage rapide), qui a déjà mis des dizaines d'hommes politiques et de dirigeants d'entreprises de BTP sous les verrous.

"Ce fut l'année la plus difficile de la République", a affirmé mardi le président sortant du Sénat, Renan Calheiros, lui-même sous l'objet d'une douzaine de procédures pénales pour des faits présumés de corruption.

L'année 2017 s'annonce au moins aussi agitée, alors que la cote de popularité du président Temer est au plus bas (13% en décembre) et que la première économie d’Amérique latine est plongée dans une récession historique.

M. Temer assure qu'il n'a pas l'intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2018 et dit avoir pour seule ambition de rester dans l'histoire comme l'homme qui aura sauvé le Brésil de la crise.

Avec le ministre de l'Economie Henrique Meirelles, il a lancé en fin d'année dernière une série de mesures d'austérité censées redonner confiance aux marchés, qui pour le moment n'ont pas encore produit les résultats escomptés.

En décembre, il a obtenu une ample majorité des deux chambres pour approuver sa mesure phare, le gel des dépenses publiques sur 20 ans.

- Une gauche démobilisée -

Pour 2017, d'autres mesures s'annoncent des plus impopulaires : la réforme des retraites et la flexibilisation du code du travail.

"La grande stratégie de M. Temer est d'obtenir de bons résultats économiques qui pourraient lui donner une sorte de blindage, pour que les élites aient intérêt à soutenir le gouvernement", explique Sylvio Costa, analyste du cabinet de consultants Congresso em Foco, spécialiste de la vie parlementaire.

Selon lui, le président dispose d'une marge de manœuvre "en raison de la grande démobilisation de la gauche et des mouvements sociaux".

Une démobilisation liée entre autres à la crise du Parti des Travailleurs (PT), formation politique de Mme Rousseff et de son prédécesseur Lula, également poursuivi dans plusieurs volets de l'enquête Petrobras.

Pour Sylvio Costa, même si la pilule de la réforme des retraites risque d'être dure à avaler, la principale inquiétude des Brésiliens reste le chômage, à un taux record de 12%.

Si la reprise économique permet de relancer l'emploi, les élus pourraient y trouver leur compte et approuver cette réforme sans craindre pour leurs mandats lors des prochaines élections.

Auteur(s): Par AFP


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-