Oeufs contaminés: inquiétudes des consommateurs mais pas de psychose

Oeufs contaminés: inquiétudes des consommateurs mais pas de psychose

Publié le 11/08/2017 à 12:18 - Mise à jour le 12/08/2017 à 12:29
© PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Auteur(s): Par AFP

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Le chaud et le froid: le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert s'est efforcé vendredi de rassurer l'opinion publique sur l'absence de risques liés au fipronil tout en révélant que des oeufs contaminés ont été "mis sur le marché" dès avril.

En tout, ce sont officiellement près de 250.000 oeufs frelatés qui ont été mis sur le marché en deux temps.

Deux centres d'emballage en France ont reçu "des oeufs de consommation contaminés en provenance des Pays-Bas et de Belgique", a déclaré M. Travert sur RMC, précisant qu'un premier lot "de 196.000 oeufs en provenance de Belgique" avait été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai et avait déjà été consommé "sans impact pour la santé".

M. Travert a ensuite donné la référence d'un "deuxième lot qui vient des Pays-Bas", portant le code 0NL43651-01, et qui est donc issu d'un élevage bio (car précédé d'un 0), comprenant "environ 48.000 oeufs qui ont été mis en vente par des magasins Leader Price entre le 19 et le 28 juillet".

Tout en faisant état de la présence de ces lots d'oeufs dans les rayons des supermarchés, le ministre a tenté de rassurer le public, fort d'un avis de l'agence nationale de sécurité alimentaire (Anses), confirmant selon lui que "le risque pour la santé humaine est très faible au vu des niveaux de fipronil qui sont constatés dans les oeufs contaminés, mais aussi au vu des habitudes françaises de consommation alimentaire".

S'appuyant sur les données recueillies lors d'"études nationales de consommations alimentaires", l'Anses estime, dans un avis rendu public vendredi, que "la quantité maximale d'œufs pouvant être consommés varie de un (pour un enfant de 1 à 3 ans) à dix par jour (pour un adulte)", "sans s'exposer à un risque aigu".

"Les niveaux de contamination ne présentent pas de risque pour les consommateurs", a affirmé sur RMC Stéphane Travert, "mais en ayant connaissance du numéro de lot, s'ils préfèrent les détruire ou les écarter, ils en ont toute la liberté".

- La France est "irréprochable" -

Le ministre de l'Agriculture a annoncé que "tous les produits contenant des oeufs issus des élevages contaminés seront retirés du marché dans l'attente de résultats d'analyse" et que ces aliments "seront remis sur le marché en cas de résultat favorable".

"Les consommateurs ont le droit de savoir qu'il y a des résidus de fipronil dans les aliments qu'ils peuvent consommer. Ils doivent avoir le choix de continuer ou pas à les consommer", a expliqué à l'AFP Fany Molin, porte-parole de la direction générale de l'alimentation (DGAL) au ministère, en charge de ce dossier.

"En France, sur le plan sanitaire, on est irréprochable et il faut le rester, même si c'est contraignant", a renchéri à l'AFP Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qui a pointé du doigt le "laxisme inacceptable" des pays voisins de la France et dénoncé toute remise en cause du modèle français.

"Il faut absolument utiliser cette crise comme une opportunité pour revoir nos outils de politique publique et transformer notre agriculture", a affirmé sur RTL, l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, déplorant des "insuffisances", au niveau européen.

"Le gouvernement doit arrêter d'être complice de la direction de la FNSEA (premier syndicat agricole français, ndlr) et de l'agrobusiness qui sont en train de tuer l'agriculture française", a-t-il également déclaré. Mme Lambert a dénoncé un "mauvais procès".

"Ce n'est pas responsable, cette façon de gérer la crise en France", a déclaré à l'AFP Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir.

"Les consommateurs sont laissés dans le flou total. Ils ignorent quelles marques, quels produits (...) sont concernés. Les autorités doivent communiquer en toute transparence (...). Car on réalise aujourd'hui que nous avons mangé des œufs contaminés depuis plusieurs mois", a réagi l'ONG Foodwatch.

"Pour l'instant, les consommateurs sont laissés dans le flou total. Ils ignorent quelles marques, quels produits (...) sont concernés. Les autorités doivent communiquer en toute transparence (...). Car on réalise aujourd'hui que nous avons mangé des œufs contaminés depuis plusieurs mois", a réagi l'ONG Foodwatch.

Au ministère, on souligne que les enquêtes de traçabilité sont toujours "en cours" et qu'au fur et à mesure, "on va probablement trouver de nouveaux établissements".

Stéphane Travert a d'ailleurs annoncé que deux entreprises de Moselle et de Vendée se sont ajoutées à la liste des sociétés ayant importé des produits contaminés au fipronil.

En tout, ce sont quelque 2,2 millions d'oeufs frelatés et 60 tonnes d'ovoproduits qui ont été importés en France, selon un calcul effectué par l'AFP d'après les chiffres fournis par le ministère.

Auteur(s): Par AFP

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