Que dit le rapport Planète Vivante

Que dit le rapport Planète Vivante

Publié le 30/10/2018 à 01:06 - Mise à jour à 02:52
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Auteur(s): Par Catherine HOURS - Paris (AFP)

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Le WWF, créé en 1961, suit le déclin accéléré des populations animales sur Terre. Voici quelques conclusions de son dernier rapport "Planète vivante", auquel ont contribué une cinquantaine d'experts et qui reprend aussi de grandes études scientifiques publiées sur le sujet.

Effondrement des effectifs

De 1970 à 2014, le nombre de vertébrés sauvages -- mammifères, poissons, oiseaux, reptiles, amphibiens -- s'est effondré de 60%. Le déclin des animaux d'eau douce atteint même 83%, sous le coup de la surexploitation, parfois involontaire comme pour les dauphins de rivière (prises accidentelles en filets), et de la perte des habitats.

Globalement la dégradation des habitats représente la menace la plus signalée.

Le rapport est basé sur le suivi de plus de 16.700 populations (4.000 espèces): recensements par caméras (tapirs du Costa Rica, tigres en Inde), suivis des traces (lynx de Russie), programmes de recherche ou sciences participatives...

Par exemple, la population d'éléphants dans la zone de Selous-Mikumi, en Tanzanie, a diminué de 66% entre 2009 et 2014. Depuis 1976, l'espèce a subi un déclin de 86%, du fait du braconnage en premier lieu.

Perte d'espèces

L'index d'extinction montre une très forte accélération pour cinq grands groupes: oiseaux, mammifères, amphibiens, coraux et cycadales, une famille de plantes anciennes.

De manière générale, le taux d'extinction des espèces est de 100 à 1.000 fois supérieur à ce qu'il était il y a seulement quelques siècles, avant que les activités humaines commencent à altérer la biologie et la chimie terrestres. Ce qui, pour les scientifiques, signifie qu'une extinction de masse est en cours, la 6e seulement en 500 millions d'années.

Limites atteintes

En 2009, les scientifiques ont mesuré l'impact des besoins croissants de l'humanité sur les "systèmes terrestres". Ces derniers ont un seuil critique au-delà duquel le monde entre en territoire périlleux. Pour le climat, ce seuil est +1,5°C de réchauffement (par rapport au niveau pré-industriel), ont souligné les experts climat de l'Onu en octobre.

A ce stade, nous avons déjà franchi deux autres "limites planétaires", avec les pertes d'espèces et le déséquilibre des cycles de l'azote et du phosphore (résultant de l'usage d'engrais et de l'élevage intensif). Pour la dégradation des sols, l'alerte est au rouge. L'acidification de l'océan et la ressource en eau douce n'en sont pas loin.

Quant aux polluants chimiques, de type pertubateurs endocriniens, métaux lourds et plastiques, nous ne savons pas encore quel est le seuil critique.

Les technologies et une meilleure gestion des sols ont légèrement amélioré la capacité de renouvellement des écosystèmes, note le WWF, mais cela n'a pas compensé l'empreinte écologique de l'homme, trois fois plus marquée depuis 50 ans.

Forêts en déclin

Près de 20% de la forêt amazonienne, la plus grande du monde, a disparu en 50 ans. Dans le monde, les forêts tropicales continuent de reculer, principalement sous la pression des industries du soja, de l'huile de palme et de l'élevage.

Entre 2000 et 2014, le monde a perdu 920.000 km2 de forêts intactes, une surface quasi égale à la France et l'Allemagne réunies. Selon des données satellitaires, ce rythme a crû de 20% de 2014 à 2016 par rapport aux 15 ans précédents.

Océans épuisés

Depuis 1950, plus de 6 milliards de tonnes de produits de la mer ont été pêchées. Devant l'effondrement du stock, les prises ont atteint leur maximum en 1996, et depuis déclinent doucement.

Auteur(s): Par Catherine HOURS - Paris (AFP)

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Un tigre du Bengale, dans le parc national de Kaziranga, dans l'État indien d'Assam, le 21 décembre 2014

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