Législatives à Clichy et Levallois: la fin d'une ère avec Balkany qui renonce

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance, faites un don !

Législatives à Clichy et Levallois: la fin d'une ère avec Balkany qui renonce

Publié le 02/06/2017 à 14:24 - Mise à jour à 15:15
© Patrick KOVARIK, Patrick KOVARIK / AFP/Archives
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par AFP

Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Press). Plus de détails sur les différentes typologies d'articles publiés sur FranceSoir, en savoir plus

-A +A

La droite survivra-t-elle à Patrick Balkany dans son fief des Hauts-de-Seine? Le sulfureux député ne se représente pas, laissant dans son sillage son ennemi juré adoubé par Les Républicains et son dauphin divers droite, de quoi nourrir les espoirs de la candidate macroniste.

Mis en examen notamment pour corruption passive, fraude fiscale et blanchiment, M. Balkany, 68 ans, avait renoncé l'an dernier à briguer un nouveau mandat à Clichy et Levallois, 5e circonscription historiquement tenue par la droite dont il fut député de 1988 à 1997 puis depuis 2002. Il s'agissait officiellement pour lui de respecter la loi sur le non-cumul des mandats et conserver la mairie de Levallois-Perret.

On le croirait pourtant presque en campagne. Sillonnant les rues de sa ville, fin mai, le tonitruant baron des Hauts-de-Seine tapote la joue des hommes, plaisante avec les femmes, son candidat peu connu sous son aile. Il salue un couple, lui présente doctement son protégé de 51 ans: "C'est François-Xavier Bieuville, qui va aller à l'Assemblée".

L'optimisme est de mise. Même si Les Républicains, soucieux de prendre leurs distances avec le sarkozyste Balkany, ont refusé d'investir ce proche, l'un de ses adjoints à la mairie. L'étiquette est revenue à son meilleur ennemi, le divers droite Arnaud de Courson, inlassable adversaire du couple Balkany.

M. de Courson, conseiller départemental et municipal de 52 ans, est "candidat à tout, depuis toujours", s'agace François-Xavier Bieuville qui, poussé par le député-maire, a décidé de se maintenir.

L'investiture du parti? "Pas besoin", évacue Patrick Balkany. "Ca a été une commission mise en place par Fillon au moment de sa candidature. Que vaut l'investiture de M. Fillon aujourd'hui ?"

Il invoque le soutien des militants locaux, de maires alentours et, photo à l'appui, de la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse... dont l'entourage affirme à l'AFP qu'elle soutient M. de Courson.

Arnaud de Courson, qui n'a lui aucune peine à être reconnu dans la rue, rappelle que LR et l'UDI l'ont choisi parce que "des pages se tournent" et accuse M. Bieuville d'usurper leurs logos sur ses affiches.

Dans cette circonscription où le centriste Emmanuel Macron a remporté 31,3% des voix au premier tour de la présidentielle, devant François Fillon (30,5%) et Jean-Luc Mélenchon (18,7%), les jeux restent ouverts.

- "Renouveau" -

"Si Balkany s'était représenté, il l'aurait emporté", assure un observateur de la campagne. Popularité locale oblige. Le maire de Levallois peut doper François-Xavier Bieuville à domicile, mais c'est moins sûr à Clichy, prédit-il. "Et celui qui en a marre de la guéguerre Balkany-Courson, il va voter En Marche".

Le mouvement présidentiel a parié sur une inconnue: Céline Calvez, une Parisienne de 37 ans, qui dirige une agence de conseil en communication et assume son "parachutage". "Il a fallu lui envoyer un GPS", raille, lui, M. Balkany.

Jamais élue, passée par le cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de la Ville, elle table sur sa "fraîcheur" et le "souffle" macroniste pour l'emporter. Et voit dans Levallois, à l'image écornée en raison des affaires, "un espace à renouveler".

Malgré la présence d'En Marche, la gauche veut aussi y croire: le candidat de la France insoumise Aissa Terchi, fort du score de Jean-Luc Mélenchon, se voit au second tour dans une triangulaire. Le socialiste Lies Messatfa, 25 ans, espère aussi y parvenir en jouant sur le "renouveau" et l'ancrage local.

Devant une école de Levallois-Perret, un jeune père de famille, Thibault Rouillac, électeur de Macron aux deux tours, hésite entre donner une majorité au président ou rester fidèle à "une spécificité locale", Levallois et sa "qualité de vie". "Je n'ai pas envie de cracher dans la soupe", avance-t-il... avant de prendre un selfie avec la candidate macroniste.

Dans ce contexte incertain, la droite restera-t-elle ? Calé dans son fauteuil de maire, un portrait de Nicolas Sarkozy derrière lui, Patrick Balkany prophétise, serein: "Sans problème, oui". Dix-huit candidats sont en lice pour lui succéder.

Auteur(s): Par AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Le député Les Républicains Patrick Balkany lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 25 mai 2016

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-