Affaire Benalla: Macron à l'offensive, la crise s'installe

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Affaire Benalla: Macron à l'offensive, la crise s'installe

Publié le 26/07/2018 à 04:11 - Mise à jour à 06:52
©DR
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par Anne RENAUT - Paris (AFP)
-A +A

Le président français Emmanuel Macron, qui a pris la parole après des jours de silence, est à l'offensive dans l'affaire Benalla, sous une pression encore accrue par de nouvelles passes d'armes au Parlement et une perquisition au palais de l’Elysée.

Les enquêteurs sont restés plusieurs heures mercredi dans l'ancien bureau d'Alexandre Benalla, en présence de l'ex-chargé de mission. Licencié par la présidence, M. Benalla a été inculpé dimanche pour avoir frappé des manifestants sans disposer d'aucun pouvoir de maintien de l'ordre.

"Le seul responsable de cette affaire c'est moi", a déclaré mardi soir M. Macron, sortant du silence dans lequel il était muré depuis l'éclatement de l'affaire la semaine dernière. Une intervention toutefois contrôlée puisque effectuée devant des députés amis et sans presse.

"S'ils veulent un responsable, il est devant vous, qu'ils viennent le chercher", a lancé M. Macron, regrettant la "trahison" de son ancien collaborateur.

M. Benalla n'avait été dans un premier temps que suspendu deux semaines, avant que la révélation de ses agissements il y a une semaine par le quotidien Le Monde n'entraîne son licenciement et son inculpation.

Mercredi soir, lors d'un bain de foule improvisé à Bagnères-de-Bigorre, dans les Pyrénées, M. Macron a confirmé son choix d'une stratégie offensive en invectivant des journalistes des chaînes de télévision françaises BFMTV et CNEWS.

"Vous avez dit ces derniers jours beaucoup de bêtises sur soi-disant des salaires, des avantages (attribués à M. Benalla, ndlr). Tout cela était faux", a-t-il affirmé.

"J'ai vu ces derniers jours beaucoup de gens perdre la raison avec des réactions disproportionnées et avec une violence....", a poursuivi M. Macron, qui s'est estimé visé par "un procès politique sur la base d'une affaire qui est triste mais qui est l'affaire d'un homme".

M. Macron a "commencé à desserrer le nœud coulant", a commenté pour l'AFP un spécialiste de la communication politique. "Il y a eu d'abord une phase de panique quand l'affaire a éclaté, d'où le silence", puis "une reprise d'initiative", selon ce spécialiste qui a requis l'anonymat.

Pour le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, M. Macron a montré qu'il restait "le maître des horloges", celui qui parle quand il l'a décidé et n'a "pas à répondre aux convocations des uns ou des autres".

M. Griveaux a d'ailleurs de nouveau écarté, au nom de la séparation des pouvoirs, la possibilité que le président s'exprime devant les commissions d'enquête parlementaires. Pour autant, promet ce proche du président, "toutes les leçons" de l'affaire Benalla seront "tirées à la rentrée" et "des changements profonds interviendront".

Mais l'opposition, toujours très remontée, reproche notamment au président de s'être exprimé "dans l'entre-soi" des membres du parti présidentiel, selon le mot du président LR (opposition, droite) du Sénat, Gérard Larcher.

- "Matamore" -

"Bien protégé au milieu de ses amis", Emmanuel Macron a fait "le matamore", a ironisé Alexis Corbière, député LFI (gauche radicale), demandant, comme d'autres politiques, que le président soit entendu par la commission d'enquête parlementaire.

Le président, qui n'est pas responsable devant le Parlement, ne peut être contraint à être auditionné.

Pour le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, M. Macron "a repris l'initiative, mais n'a pas repris la main": "C'est un président acculé, qui n'a pas d'autre choix que d'admettre, avant que la commission d'enquête le lui fasse admettre, que tout remonte à l'Elysée" dans cette affaire.

Mercredi, la présidente de la commission d'enquête à l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (LREM, le parti présidentiel), a accusé l'opposition de privilégier "une approche polémique et politique qui vise à tirer profit de l'actualité, loin de tout souci de la vérité".

Le député Guillaume Larrivé (LR, opposition), co-rapporteur de la commission d'enquête, a pour sa part accusé M. Macron de "donner des ordres pour essayer d'étouffer la vérité" en refusant l'audition de certains de ses collaborateurs.

A la commission d'enquête de l'Assemblée et à celle du Sénat, les auditions se sont poursuivies mercredi, les responsables de la sécurité du palais présidentiel se succédant pour justifier leur action. Jeudi, c'est le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, bras droit de M. Macron, qui doit être entendu.

Auteur(s): Par Anne RENAUT - Paris (AFP)

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Municipale 2014

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-