Apprenti guinéen de Besançon régularisé: "C'est une renaissance"

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Apprenti guinéen de Besançon régularisé: "C'est une renaissance"

Publié le 19/01/2021 à 18:09 - Mise à jour le 20/01/2021 à 19:38
© SEBASTIEN BOZON / AFP
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Auteur(s): Par AFP - Besançon

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"C'est une renaissance": régularisé, Laye Fodé Traoré, l'apprenti boulanger guinéen a confié sa joie de reprendre le travail mardi à Besançon, auprès du boulanger Stéphane Ravacley qui a mis un terme à sa grève de la faim.

"Je suis tellement heureux de venir travailler aujourd'hui", a déclaré le jeune homme de 18 ans qui a repris sa place d'apprenti boulanger mardi à 03H00 du matin, dans le fournil de la Huche à Pain, au centre-ville de Besançon.

"C'est comme si ma vie recommençait à zéro, c'est une renaissance", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse en fin de matinée, chemise blanche et sourire radieux.

Laye Fodé Traoré a appris jeudi sa régularisation par la préfecture de la Haute-Saône, département où il est domicilié, après la double légalisation de son état-civil par les autorités guinéennes.

L'autorité préfectorale a également pris en compte "son parcours d'intégration jusqu'alors exemplaire" et "ses perspectives d'insertion professionnelle", à savoir une formation complète auprès du boulanger bisontin qui s'est offert de l'embaucher ensuite.

Son maître de stage, Stéphane Ravacley, avait entamé une grève de la faim dix jours auparavant pour protester contre son expulsion annoncée. Victime d'un malaise, l'artisan de 50 ans à la santé fragile avait brièvement été hospitalisé.

"Quelle joie de se lever quand on sait que le gamin est revenu", s'est-il réjoui. "Il a vraiment sa place dans mon fournil, il l'a retrouvé comme s'il ne l'avait jamais quitté".

"J'aime ce travail que j'ai aujourd'hui. Le patron, il m'a donné l'amour de la boulangerie, il m'a expliqué le métier comme il faut, j'avais besoin de ça", a encore confié le jeune homme, qui n'avait "jamais touché une pâte avant".

"Dans la vie, il faut se battre. C'est important le travail, je ne veux pas finir à mendier dans la rue, moi je préfère aller au boulot", a poursuivi l'orphelin guinéen.

Emu, les larmes aux yeux, il s'est dit très "reconnaissant" envers Stéphane Ravacley, qui a "mis en danger sa vie" pour lui.

M. Ravacley avait rencontré le jeune Guinéen en septembre 2019 après avoir mis une annonce pour trouver un apprenti, une quête particulièrement difficile dans son secteur. "Personne d'autre que des migrants ne s'était présenté", assure-t-il.

Désormais, l'artisan au grand coeur veut "continuer le combat" pour les "milliers d'autres Laye qui sont en France", d'anciens mineurs isolés visés par des obligations de quitter le territoire français (OQTF) et obligés d'interrompre leur formation parce qu'on leur refuse un titre de séjour à la majorité.

Il milite pour que la France donne sa chance à ces jeunes "méritants" qui occupent des formations délaissées par les jeunes français. Dans ce sens, il a rejoint la page "Non à l'expulsion des migrant-es en apprentissage" (https://www.change.org/m/3-28-leur-place-est-en-france-stop-aux-expulsio...).

En lien avec le député européen Raphaël Glucksmann (Place Publique), il espère pouvoir faire déposer un texte de loi pour que "tous les gamins qui entrent dans un processus de formation, qu'ils aient 18, 19 ou 20 ans, aillent jusqu'à l'obtention d'un diplôme". "Pourquoi investir sur des gamins qu'on sauve et qu'on jette parce qu'ils ont simplement 18 ans ?", interroge-t-il.

Auteur(s): Par AFP - Besançon


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L'apprenti guinéen Laye Fodé Traoré (g) et le boulanger Stéphane Ravacley, le 19 janvier 2021 à Besançon

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