Après l'agression mortelle, les pompiers veulent être mieux protégés

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Après l'agression mortelle, les pompiers veulent être mieux protégés

Publié le 05/09/2018 à 17:27 - Mise à jour à 17:28
© JACQUES DEMARTHON / AFP/Archives
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Auteur(s): Par Alexandra DEL PERAL et Emmanuel DUPARCQ - Paris (AFP)

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Etre protégés par les forces de l'ordre lors d'interventions à risque: les pompiers réclament plus de protection au lendemain de la mort d'un des leurs tué par un homme en "crise de démence", une première en près de dix ans.

Le sapeur-pompier de 1ère classe Geoffroy Henry, 27 ans, a été agressé mardi à l'arme blanche à Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne) par un homme de 31 ans qu'il était venu prendre en charge avec un de ses collègues de la Brigade des Sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).

Il s'agit du premier pompier tué par la personne qu'il était venu secourir depuis près de dix ans, selon la Fédération nationale des Sapeurs-pompiers (FNSPF).

"Cela fait longtemps que nous dénonçons l'augmentation des agressions contre les pompiers en intervention", a déclaré à l'AFP Eric Faure, président de la FNSPF.

Quelque 2.280 agressions ont été recensées en 2016, en hausse de 17,6% par rapport à 2015, selon le ministère de l'Intérieur.

La semaine dernière, un pompier a été piqué par la seringue d'une femme, droguée et porteuse d'une hépatite, qui s'est jetée sur lui après qu'il a cassé la porte des toilettes d'un restaurant de Villeurbanne (Rhône) où elle s'était retranchée, selon une source policière.

Ces agressions, autrefois cantonnées aux "quartiers difficiles" ont aujourd'hui lieu en ville comme à la campagne lors d'interventions quotidiennes chez des "M. et Mme Tout-le-monde" tombés "en situation de détresse psychologique", selon M. Faure.

Dans de tels cas, a-t-il souligné, "il faut absolument obtenir l'assistance de la police".

Même écho chez André Goretti, président de la Fédération autonome, premier syndicat chez les sapeurs-pompiers.

"Ce que nous réclamons depuis de nombreuses années, c'est l'accompagnement par les forces de l'ordre (...) lorsqu'il y a intervention à risque sur des cas de démence, des feux de poubelles, des feux de véhicules dans des zones prioritaires ou autre organisation de guet-apens", a-t-il déclaré sur Franceinfo.

"Mais il n'y a pas de réponse de la part du ministère de l'Intérieur et pour autant, on nous demande d'intervenir". Or "On n'a pas fait le choix de rejoindre les forces de sécurité. On a fait le choix de rejoindre le service public de secours", a-t-il conclu.

Le gouvernement dit de son côté travailler pour améliorer la coopération entre les pompiers et les forces de l’ordre, mettant en avant les mesures prises pour favoriser le dépôt de plainte des pompiers et le renforcement en 2017 des sanctions pénales contre les auteurs de violences contre les sapeurs-pompiers.

Le ministère de l'Intérieur veut aussi mettre l'accent sur la formation des pompiers à la négociation et aux techniques de défense face à une personne agressive.

- Antécédents psychiatriques -

Pour M. Faure, l'amélioration de la coopération entre police, pompiers et Samu passe d'abord par la mise en place d'un numéro d’appel d’urgence unique à la place de tous ceux existant actuellement en France (15, 17, 18, 112 et 115). Les pompiers réclament depuis longtemps au gouvernement la mise en place de ce numéro unique 112.

Il faut également, selon lui, que les divers services d'urgence préparent ensemble les interventions sur le terrain, ce qui permettrait par exemple de déployer des forces de l'ordre aux côtés des pompiers en cas d'opérations chez un particulier déjà signalé par le passé pour son comportement à risque.

Cela semblait être le cas de l'homme qui a tué mardi le pompier Henry. "C'était manifestement quelqu'un qui était connu et soigné pour ses antécédents psychiatriques", a souligné M. Faure.

La dernière agression mortelle dans la profession remonte à mars 2009, selon la FNSPF. Un pompier avait alors été tué à coup de fusil dans l'Ain par un octogénaire chez qui il était venu frapper. Ce dernier avait indiqué avoir ouvert le feu car il croyait à un cambriolage.

Geoffroy Henry a succombé à ses blessures mardi soir à l'hôpital militaire de Percy à Clamart (Hauts-de-Seine), où il avait été évacué par hélicoptère avec son camarade également grièvement blessé. Les jours de ce dernier ne sont plus en danger, a précisé mercredi à l'AFP un porte-parole de la BSPP.

M. Henry, originaire de Lille, était membre de la BSPP depuis 2014 et également sapeur-pompier volontaire à Saint-Marcel-lès-Valence (Drôme).

emd-adm-grd-alh/blb/cca

Auteur(s): Par Alexandra DEL PERAL et Emmanuel DUPARCQ - Paris (AFP)


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