Attentat de Nice: information judiciaire sur le dispositif de sécurité

Attentat de Nice: information judiciaire sur le dispositif de sécurité

Publié le 05/04/2017 à 15:09 - Mise à jour le 06/04/2017 à 00:45
© VALERY HACHE / AFP/Archives
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Auteur(s): Par AFP

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Une information judiciaire a été ouverte mercredi pour faire la lumière sur le dispositif de sécurité déployé avant l'attentat commis le 14 juillet à Nice, une question essentielle pour les victimes et leurs proches qui est au cœur d'une violente polémique entre les autorités locales et le gouvernement.

Le risque avait-il été bien évalué? Les policiers étaient-ils assez nombreux? Et si ce n'était pas le cas, qui en est responsable? Près de neuf mois après l'attaque au camion-bélier qui a fait 86 morts sur la plus célèbre avenue de la ville, la Promenade des Anglais, beaucoup de questions demeurent auxquelles deux magistrats instructeurs ont été chargés de répondre.

"C'est une question délicate et importante, il n'y aura pas trop de deux juges", a commenté auprès de l'AFP le procureur Jean-Michel Prêtre qui avait lui-même mené une enquête après une première plainte, finalement classée sans suite en janvier: le magistrat avait alors estimé qu'il n'y avait aucune preuve permettant de démontrer une quelconque responsabilité pénale de quiconque.

Dans les heures qui avaient suivi l'attentat, une intense polémique avait éclaté entre l'ex-maire LR de la ville et premier adjoint en charge de la Sécurité Christian Estrosi et le ministre de l'Intérieur de l'époque Bernard Cazeneuve, autour du dispositif de sécurité mis en place ce soir-là pour protéger la foule de 30.000 personnes venues au feu d'artifice. L'élu accusait notamment M. Cazeneuve d'avoir menti sur les forces de police nationale déployées.

Neuf mois plus tard, la querelle n'est toujours pas éteinte, et Christian Estrosi a de nouveau dénoncé mardi, évoquant au cours d'un point presse consacré à d'autres sujets, les "mensonges et les omissions du ministère de l'Intérieur qui menacent la sécurité des Français et des Niçois". "Les caméras se tournaient vers moi pour dire +pourquoi polémiquez-vous?+ Cette question, vous ne me la poserez plus puisque maintenant vous savez que M. Cazeneuve a menti", a-t-il asséné.

- 'Dispositif inadapté' -

Du côté des victimes, dans une ville encore très marquée par l'attaque survenue le 14 juillet, l'ouverture d'une information judiciaire a été accueillie avec satisfaction: "La démarche est la bonne. On n'a pas eu de réponses à beaucoup de nos questions", a salué la présidente de l'association de proches des victimes de l'attentat Promenade des Anges Emilie Petitjean.

Le parquet de Nice avait été saisi après le carnage des plaintes de 23 victimes ou de leurs familles. Une seule d'entre elle, les parents d'un garçon de 4 ans, a souhaité aller plus loin dans la procédure, déposant une plainte avec constitution de partie civile dès avant Noël.

Reprochant au parquet de faire "blocage", leur avocat Me Yassine Bouzrou a également déposé une demande de dépaysement du dossier, sur laquelle le parquet général d'Aix-en-Provence devrait très prochainement se prononcer. Il estime que les liens de travail du parquet avec la préfecture et la mairie risque de compromettre l'objectivité de l'enquête, allant jusqu'à reprocher au procureur de Nice sa légion d'honneur.

Il demande pourquoi l'hypothèse d'un attentat avec un camion bélier avait été envisagée pour l'Euro-2016 de football, mais pas pour le soir du 14 juillet.

"Même dans l'hypothèse étudiée par les autorités d'une attaque à l'arme lourde, le dispositif était de toute façon inadapté compte tenu de la faible présence policière au premier point de sécurisation rue Meyebeer --trois policiers dont un adjoint de sécurité de 22 ans-- et de leur armement --de simples revolvers", affirme aujourd'hui Me Bouzrou qui accuse: "Il n'y avait pas de barrage au point Meyerbeer contrairement à ce qu'a indiqué M. Cazeneuve."

En outre, "le camion a été vu en train d'écraser des gens à 1,5 kilomètre du point Meyerbeer et il a pu parcourir 1,5 kilomètre sans que ces policiers aient pu recevoir l'information alors qu'il existe une convention de coordination qui prévoit une fréquence radio commune entre policiers nationaux et municipaux", ajoute l'avocat.

Auteur(s): Par AFP

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Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, le 19 janvier 2017

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