Au procès Méric, le skinhead et "l'injustice"

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Au procès Méric, le skinhead et "l'injustice"

Publié le 05/09/2018 à 15:19 - Mise à jour à 15:20
© Thomas SAMSON / AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par AFP - Paris
-A +A

L'ex-skinhead Samuel Dufour, jugé à Paris pour des coups mortels contre Clément Méric, a fait part mercredi de son sentiment d'injustice après un an de détention provisoire et alors qu'il affirme n'avoir "jamais frappé" le militant antifasciste.

Colère rentrée et posture défensive, le jeune homme de 25 ans assume son "nationalisme" - "C'est pour ça que j'ai une croix celtique" -, la fréquentation du bar de Serge Ayoub, l'ex-chef des skinheads parisiens d'extrême droite, le port d'un couteau - "en cas d'agression" - ou l'achat d'un poing américain - "plus pour se défendre".

Mais il ne comprend pas ce qu'il fait là. Accusé avec Esteban Morillo de coups mortels avec arme et en réunion, il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

Interpellé le lendemain de la mort de Clément Méric, 18 ans, tombé sur le pavé parisien lors d'une rixe entre "skins" et "antifas" le 5 juin 2013, Morillo avait reconnu deux coups portés au jeune homme. Dufour, lui, s'était "rendu à la police" pour donner sa version des faits. Et avait été incarcéré pour sa participation aux violences.

"La détention, j'ai vécu ça comme une injustice. Moi j'ai jamais frappé Méric", a-t-il déclaré.

En prison, "ça ne se passe pas bien": ostracisé par les autres détenus, il est exclu de la salle de sports. "Les autres ne voulaient pas de moi. Ils l'ont dit au surveillant. Ca a finit en bagarre. J'ai passé 10 mois à l'isolement".

Sans jamais entrer dans les détails, il assume, plus que les autres, son appartenance à la mouvance d'extrême droite. "Dans la famille, on est patriote", a-t-il dit. Ce que vient confirmer son père à l'audience: "J'ai élevé mes enfants à droite", "le plus droit possible".

Ses blagues sur "les nègres" ou "les PD" lui ont parfois valu des ennuis dans son travail d'apprenti boulanger. Un humour que "vous ne pouvez pas comprendre" a-t-il dit à la présidente.

Désormais boulanger à Rouen, il invoque une "ambiance particulière" propre à ce métier: "C'est spécial la boulangerie. Avec mon collègue, on aime bien se pincer les tétons".

S'il ne voit plus les copains du Local, le bar de Serge Ayoub, c'est qu'il vit désormais en Normandie, et qu'il "a interdiction de les voir". Mais a-t-il pris du recul depuis cette époque? "J'ai vécu ça comme une injustice. J'étais surtout en colère", a-t-il éludé.

Depuis, il a refait sa vie, mais n'a pas assez d'argent pour faire enlever ses tatouages, "comme a fait Morillo".

Auteur(s): Par AFP - Paris

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Samuel Dufour (C), un des trois skinheads impliqués dans la mort de Clément Méric, arrive au tribunal, le 4 septembre 2018 à Paris

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-