Avec la crise du coronavirus, la naissance d'un grand élan de solidarité en France

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Avec la crise du coronavirus, la naissance d'un grand élan de solidarité en France

Publié le 21/01/2021 à 09:56 - Mise à jour à 09:58
© Christophe ARCHAMBAULT / AFP/Archives
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Auteur(s): Par Caroline TAIX, Romain ALLIMANT - Paris (AFP)

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Le meilleur de l'être humain se révèlerait-il en temps de crise? Le Covid-19 plombe nos vies depuis près d'un an mais a aussi réveillé un puissant élan de solidarité chez de nombreux citoyens, qui ont ressenti le besoin d'aider avec des initiatives concrètes.

En voyant le désarroi d'amis restaurateurs, Emmanuelle Béal s'est interrogée: "Qu'est-ce que je peux faire à mon échelle?" Cette coiffeuse de Limoges a décidé de couper gratuitement les cheveux d'artisans, commerçants et de gérants d'entreprise. Son salon Hair connect leur est ouvert le lundi depuis fin novembre.

"Au départ, certains sont surpris de la démarche: ce n'est pas si facile de recevoir quelque chose sans rien donner en échange". Puis les langues se délient. Pendant la coupe, "on parle de leur activité, ils ont besoin de communiquer". Emmanuelle Béal sait combien la période est compliquée pour de nombreux commerçants: "c'est le moment où ils font le bilan de 2020". Elle s'en sort bien car elle a pu "élargir ses horaires" avec ses deux employés.

A Paris, l'initiative lancée par le restaurateur Chérif Beldjoudi, gérant de Quartier rouge, lors du premier confinement a pris une ampleur inattendue.

"On a commencé, au début du confinement, à préparer des repas pour les soignants. (...) On emmenait les repas restants pendant des maraudes et rapidement on s’est mis à faire de la distribution pour les personnes sans-abris et les migrants", raconte Chérif Beldjoudi.

"Au maximum, on a dû faire 450 repas en une journée, le midi pour les soignants et les pompiers et le soir pour les sans-abris et les migrants. (...) Au bout d’un mois, c’était une machine de guerre. On avait une trentaine de bénévoles, surtout des gens du quartier, ou leurs amis, qui voyaient les gens faire la queue devant le restaurant et qui nous ont proposé leur aide".

- L'hiver 54 -

Faut-il pour autant parler de "nouvelles solidarités"? Le sociologue Serge Paugam rejette cette expression. "Pendant une crise, il y a très souvent une mobilisation à l'égard des personnes les plus durement touchées".

Le sociologue évoque l'hiver 54, avec ses vagues de froid, et l'appel de l'Abbé Pierre, qui a provoqué un afflux massif de dons. Dans les années 80, face au chômage de masse, Coluche lance les Restos du coeur.

"Le contexte actuel se prête à une certaine réflexivité sociale. On s'interroge: Que puis-je apporter aux autres? On essaie de se repositionner dans une chaîne de solidarité collective", analyse Serge Paugam.

Le sociologue a été "frappé" par la prise de conscience de "l'interdépendance généralisée": "Chacun a pu faire l'expérience de la fragilité sociale et de ce que l'on représente collectivement". Il met en avant les applaudissements aux soignants, l'élan de compassion par rapport aux livreurs, aux caissières, "les banderoles aux fenêtres pour montrer la solidarité envers des métiers auxquels on ne faisait pas attention".

"Une sensibilité nouvelle s'est manifestée", pour Serge Paugam.

Les applaudissements à 20H00 ne sont cependant déjà plus qu'un souvenir, tout comme les banderoles. Mais l'élan de solidarité ne semble pas faiblir.

Chérif Beldjoudi a créé l'association "Les repas solidaires", qui a continué après les confinements et même rejoint d'autres associations depuis août pour organiser des distributions. "Aujourd’hui c’est une action qui engage beaucoup de gens", explique le restaurateur.

Priscillia Petitjean a elle lancé début avril les Coursiers solidaires à Lyon, en s'inspirant d'une initiative similaire à Annecy. Pendant les confinements, des bénévoles livraient "des denrées alimentaires, des médicaments ou tout autre chose indispensable aux personnes les plus fragiles qui ne pouvaient pas se déplacer".

"Plus de 300 bénévoles se sont manifestés en 15 jours", explique-t-elle. "On peut promouvoir un autre modèle de société, qui montre qu'avec un peu de volonté on peut faire bouger les choses". Le mouvement est pour le moment en veille, mais la page Facebook a été conservée. S'il y a un troisième confinement, "on sera prêt". "Mais pas uniquement pour le Covid: en cas de canicule par exemple on pourrait aider les personnes fragiles qui pourraient avoir du mal à se déplacer."

Auteur(s): Par Caroline TAIX, Romain ALLIMANT - Paris (AFP)


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