Champs-Élysées: l'assaillant voulait, "selon toute vraisemblance", "faire de son véhicule un engin explosif"

Champs-Élysées: l'assaillant voulait, "selon toute vraisemblance", "faire de son véhicule un engin explosif"

Publié le 22/06/2017 à 16:10 - Mise à jour le 23/06/2017 à 03:55
© Thomas Samson / AFP
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Auteur(s): Par AFP

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L'attentat raté sur les Champs-Élysées "aurait pu avoir des conséquences humaines dramatiques", selon le procureur de Paris: l'arsenal impressionnant d'Adam Djaziri, radicalisé, autorisé à détenir des armes et convoqué par les renseignements, laisse de nombreuses questions encore irrésolues pour les enquêteurs.

"Quel était le projet précis de l'auteur? Avait-il prédéterminé sa cible? Comment avait-il conçu son dispositif qui, selon toute vraisemblance, avait pour objet de faire de son véhicule un engin explosif? A-t-il précipité son action et pour quelle raison?"

Le procureur de Paris François Molins a énuméré jeudi lors d'une conférence de presse quelques-unes des nombreuses questions qui se posent toujours, quatre jours après l'attaque qui a fait pour seule victime son auteur.

Depuis Bruxelles où il participait à un sommet européen, Emmanuel Macron a admis un "dysfonctionnement" sur le renouvellement de l'autorisation de détention d'armes d'Adam Djaziri alors qu'il était fiché S (pour sûreté de l'Etat).

Il a affirmé avoir demandé au ministre de l'Intérieur Gérard Collomb "de proposer sous huit jours un plan d'action très précis" et appelé à ce que "toutes les évolutions législatives nécessaires" pour permettre de recouper les fichiers de détenteurs d'armes et les fichés S soit intégrées au projet de loi antiterroriste présenté en conseil de ministre jeudi matin.

Les préfets ont également reçu consigne de "revoir l'intégralité des fichiers de détenteurs d'armes", a-t-il ajouté.

"Si elle avait abouti, (cette attaque) aurait pu avoir des conséquences humaines dramatiques", a en effet affirmé François Molins.

Dans la voiture qui a percuté lundi à 15H39, sur les Champs-Elysées, un véhicule de gendarmes mobiles, les enquêteurs ont notamment retrouvé des armes (pistolets, carabine, couteau), plus de 8.700 cartouches et "deux bouteilles de gaz de 13 kilos chacune, pleines et toujours dotées de leur opercule de sécurité", a-t-il précisé.

Djaziri, 31 ans et connu des services de renseignements, est mort d'une "défaillance cardio-respiratoire par probables lésions de blast avec inhalation de fumées", à cause d'une explosion dans sa voiture après avoir percuté le fourgon de gendarmerie.

- 'Préparation au jihad' -

Au domicile de la famille Djaziri, à Plessis-Pâté (Essonne), les perquisitions ont permis de faire d'autres inquiétantes découvertes.

Outre de très nombreuses armes (fusils à pompe, fusil à lunette, pistolet, munitions, machette), les enquêteurs ont trouvé huit bidons vides de poudre de rechargement de munitions.

"Cette poudre noire a pu être utilisée" pour confectionner des munitions, mais elle peut aussi "servir à la confection d'un engin explosif artisanal", a expliqué le procureur, en révélant "la présence curieuse d'une couscoussière entourée de chatterton pouvant également servir à cette fin".

Son père, son ex-épouse, son frère et sa belle-sœur ont été relâchés mercredi en fin d'après-midi après deux jours de garde à vue, sans être poursuivis, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Le profil de radicalisé d'Adam Djaziri était connu, mais les services de renseignement n'ont pourtant pas pu empêcher son passage à l'acte.

Il avait été signalé en septembre 2014 par les autorités tunisiennes "pour des suspicions de relations avec un groupe d'individus en lien avec le terrorisme", a expliqué M. Molins. Des voyages en Turquie en 2015, avec femme et enfants, et en 2016 avaient également éveillé les soupçons des services français. Une fiche S a été émise par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 31 août 2015.

Dans une lettre-testament envoyée à plusieurs proches le jour de son attaque, l'assaillant a expliqué "avoir voulu rejoindre la Syrie et déploré en avoir été empêché, je cite, +par des apostats contre l'État islamique+", a ajouté le procureur. Il affirmait également "avoir pratiqué le tir sportif, non par une quelconque adhésion au survivalisme, comme il avait pu le prétendre un certain temps, mais pour sa préparation au jihad".

Grâce à son autorisation de détention d'armes, renouvelée en 2017, il avait acquis légalement deux pistolets automatiques et une carabine de chasse, de catégorie B. Il avait également déclaré deux fusils de chasse et deux carabines de catégorie C.

Selon une source proche du dossier, il ne s'était pas rendu en mai à deux convocations de la DGSI, invoquant "des raisons de santé". Une nouvelle convocation lui avait été envoyée mais il était passé à l'acte juste avant, a ajouté cette source.

Auteur(s): Par AFP

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Le procureur de la République de Paris François Molins, le 22 juin 2017 à Paris lors d'une conférence de presse

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