Colmar: début du procès d'une mère de famille pour un quintuple infanticide

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Colmar: début du procès d'une mère de famille pour un quintuple infanticide

Publié le 18/06/2019 à 10:19 - Mise à jour à 10:20
© THOMAS WIRTH / AFP/Archives
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par AFP - Colmar
-A +A

Le procès d'une mère de famille accusée d'avoir tué cinq de ses nouveau-nés après avoir accouché en secret, une affaire restée non élucidée pendant près de 15 ans, s'est ouvert mardi devant les assises du Haut-Rhin, à Colmar.

Sylvie Horning, mère de trois grands enfants, est entrée dans la salle d'audience la tête basse.

Immobile, cette femme de 54 ans aux cheveux ondulés, vêtue d'un gilet blanc et d'un tee-shirt jaune, a écouté l'exposé des faits, l'air tendu.

Les deux jours et demi d'audience prévus devraient se concentrer sur la personnalité de cette femme qui n'a jusqu'à présent pas vraiment expliqué ses gestes, si ce n'est pour dire qu'elle ne souhaitait pas ces enfants.

Dans cette affaire, l'une des plus graves affaires d'infanticides en France ces dernières années, Mme Horning a reconnu avoir tué cinq de ses nouveau-nés en les étouffant ou en les étranglant, après avoir accouché seule dans les toilettes de son domicile et avoir recouvert les bébés d'une serviette pour ne pas les voir.

L'enquête avait débuté par la découverte fortuite, en 2003, de quatre cadavres de nouveau-nés dans des sacs-poubelle, dans une forêt de Galfingue (Haut-Rhin).

Jusqu'en 2017, les efforts des enquêteurs n'avaient pas permis de lever le mystère entourant ces cadavres.

C'est finalement en septembre 2017 qu'un rapprochement fut fait entre ces bébés et un prélèvement génétique effectué sur une quinquagénaire habitant Petit-Landau, en banlieue de Mulhouse. Son ADN avait été prélevé après une rixe entre voisins.

Placée en garde à vue, Sylvie Horning avait alors reconnu être la mère et reconnu "l'intégralité des faits d'homicide sur ses enfants qui venaient de naître", selon des déclarations du procureur de Mulhouse.

Un cinquième corps de nouveau-né avait été découvert dans une glacière, au domicile de la famille. Les faits se seraient déroulés sur une dizaine d'années, sans qu'aucun des proches de l'accusée ne s'en rende compte, y compris son compagnon, le père des enfants, décédé en 2018.

"Elle a toujours regretté ce qu'elle a fait mais elle était dans le déni de grossesse", une pathologie dans laquelle "le psychisme l'emporte sur le physiologique", selon son avocat, Me Roland Moeglen.

Véritables dénis de grossesses ou incapacité à les investir tout en en ayant conscience, la question sera posée avec l'intervention par visio-conférence du gynécologue Israël Nisand qui avait participé à une expertise de Mme Horning.

Le fils aîné de Sylvie Horning, ainsi que deux associations de défense de l'enfance, se sont portés parties civiles, tandis que ses deux filles sont appelées à témoigner.

"Ce qui nous intéresse, c'est de comprendre pour prévenir le renouvellement. Cette femme a été amenée à supprimer cinq enfants. Peut-être qu'une vigilance, notamment au moment de la naissance de ses autres enfants, aurait pu attirer l'attention des maternités et d'autres services", a souligné Monique Sultan, avocat de l'association Enfance et Partage.

Le verdict est attendu jeudi.

Auteur(s): Par AFP - Colmar

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Le 29 octobre 2003, l'agriculteur Philippe Gava montre l'endroit de la découverte des corps de quatre bébés, quelques jours plus tôt, dans la forêt de Galfingue (Haut-Rhin)

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-