Corruption présumée: ouverture du procès de la "chaufferie de la Défense"

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Corruption présumée: ouverture du procès de la "chaufferie de la Défense"

Publié le 11/01/2021 à 10:55 - Mise à jour à 10:56
© Ludovic MARIN / AFP/Archives
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Auteur(s): Par AFP - Nanterre

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Le procès de la très vieille affaire de corruption présumée dite de la "chaufferie de la Défense" a débuté lundi devant le tribunal correctionnel de Nanterre, mais sans l'un des principaux prévenus, presque centenaire et absent pour raisons de santé.

Jean Bonnefont, 98 ans (BIEN 98 ans) et ancien dirigeant des ex-Charbonnages de France, est poursuivi avec quatre autres chefs d'entreprise pour avoir faussé entre 1999 et 2003 l'attribution du juteux marché du chauffage et de la climatisation du premier quartier d'affaires européen, estimé à plusieurs centaines de millions d'euros.

M. Bonnefont, l'un des plus vieux prévenus de France, "ne pourra absolument pas venir, même une demi-journée, afin d'être entendu comme c'était son souhait ?", s'est inquiété le président de la 15e chambre correctionnelle en début d'audience.

"Sauf à venir avec un véhicule médicalisé", lui a répondu son avocat, Me Olivier Baratelli, "malheureusement, le temps aura fait son œuvre à son encontre".

Outre Jean Bonnefont, l'ex-numéro 3 de la Compagnie générale des Eaux-Vivendi Bernard Forterre, 82 ans aujourd'hui, et l'homme d'affaires Antoine Benetti, 68 ans, sont également mis en cause.

Bernard Forterre était présent lundi matin à l'audience, s'avançant à la barre aidé d'une canne. Son conseil Jean-Didier Belot a précisé qu'il pourrait assister à certaines séances seulement. Antoine Benetti, lui aussi présent, a indiqué vouloir assister à l'intégralité du procès.

La défense a plaidé en préambule la nullité de la procédure pour "violation du droit à être jugé dans un délai raisonnable".

"Il est 10h du matin, j'ai un masque, je ne vais pas crier, mais il aurait fallu commencer par un cri", a déclaré Me Belot. "Depuis quand un homme quasiment centenaire est renvoyé devant un tribunal correctionnel ?", s'est-il indigné.

L'affaire a débuté en 1998, lorsque le Syndicat mixte de chauffage urbain de La Défense (Sicudef) a lancé le renouvellement du marché que détenait depuis trente ans la société Climadef, filiale de Charbonnages de France.

Trois ans plus tard, il l'attribue à un groupement d'entreprises baptisé Enertherm. Mais les services de répression des fraudes repèrent des anomalies dans le processus, qui aboutissent en 2002 à l'ouverture d'enquêtes "corruption" et "trafic d'influence" puis "abus de biens sociaux".

Le trio Bonnefont-Forterre-Benetti est accusé d'avoir faussé le marché pour assurer son attribution à Enertherm, dont les actionnaires étaient en réalité les mêmes que ceux de Climadef, l'ancien concessionnaire.

Au centre de l'entente présumée figurait Charles Ceccaldi-Raynaud, le président "omnipotent" du Sicudef selon des témoignages de l'époque, mis en examen pour avoir perçu une commission de 5 millions de francs (770.000 euros).

L'ex-sénateur-maire de Puteaux est décédé en juillet 2019 à 94 ans, avant que le parquet ne prenne ses réquisitions.

Auteur(s): Par AFP - Nanterre

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