Covid-19: la menace d'un troisième confinement plane toujours

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Covid-19: la menace d'un troisième confinement plane toujours

Publié le 21/01/2021 à 12:26 - Mise à jour le 22/01/2021 à 06:18
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Auteur(s): Par Andréa BAMBINO, Stéphane ORJOLLET - Paris (AFP)

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Le spectre d'un troisième reconfinement plane toujours sur la France face aux nouveaux variants plus contagieux du virus, alors que l'exécutif a défendu jeudi sa campagne de vaccination très décriée, et cherché à adoucir un peu le sort des étudiants.

Si la situation empirait, notamment avec un développement du "variant anglais" du virus, nettement plus contagieux, "nous pourrions être amenés à prendre des mesures plus dures, ça peut aller jusqu'à un confinement si la situation devait l'exiger", a répété le ministre de la Santé Olivier Véran au "20 heures" de TF1.

Mais "nous n'en sommes pas là aujourd'hui", a assuré le ministre, souhaitant "donner sa chance de fonctionner" au couvre feu désormais avancé à 18 heures sur tout le territoire et qui a permis une baisse de l'incidence épidémique dans les 15 départements où la mesure a été appliquée dès début janvier.

L'inquiétude n'en est pas moins très présente et le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir que la France exigera, à partir de dimanche, un test PCR négatif réalisé 72 heures avant le départ pour la plupart des voyageurs européens voulant entrer sur son territoire, "hors voyages essentiels".

Olivier Véran a également défendu la campagne de vaccination, élargie en début de semaine à tous les plus de 75 ans, et qui a connu beaucoup de difficultés. Après les sites internet et lignes d'appel téléphonique saturés pour les prises de rendez-vous, plusieurs régions ont enregistré des déprogrammations de vaccinations, parfois jusqu'en mars, faute d'un approvisionnement suffisant.

- Objectif 70 millions -

"Dans 95% des cas, tout s'est déroulé de manière extrêmement remarquable", a assuré le ministre, mettant en cause la "tradition en France de parler des trains qui n'arrivent pas à l'heure", et assurant que certains centres de vaccination avaient fait du "surbooking".

Il a salué la "mobilisation" générale et assuré que 500.000 nouveaux rendez-vous allaient être proposés mardi pour la période "entre le milieu et la fin du mois de février".

Le ministre a également fixé l'objectif de vacciner 70 millions de personnes d'ici fin août et appelé les Français à renforcer les gestes barrières, notamment en n'utilisant plus de masques faits maison, jugés insuffisamment filtrants face aux nouveaux variants.

Dans une allusion aux critiques sur la gestion de la crise sanitaire, Emmanuel Macron avait déjà regretté plus tôt jeudi la "traque incessante de l'erreur" en France, devenue "une nation de 66 millions de procureurs", suscitant des réactions grinçantes dans la classe politique.

Le président de la République s'est également penché sur le sort des étudiants, touchés de plein fouet par la crise sanitaire et dont la situation inquiète de plus en plus. Privés d'amphis depuis plus de deux mois, ils sont durement soumis à la précarité et à l'isolement.

En visite à l'université de Paris-Saclay, M. Macron a souhaité qu'ils puissent retourner à la fac une journée par semaine, avoir accès deux fois par jour à un repas pour un euro dans les restos U et faciliter leur prise en charge psychologique, en créant un "chèque psy".

Côté économique, le statu quo confirmé jeudi annonce une "saison blanche" pour les stations de ski, qui ne pourront pas rouvrir leurs remontées mécaniques le 1er février, et très probablement pas durant les vacances d'hiver (étalées du 6 février au 1er mars).

Les perspectives restent également très sombres pour les bars, restaurants et les lieux culturels (théâtres, musées, cinémas), fermés depuis la fin octobre et sans date prévisible de réouverture.

Côté commerce, les soldes ont bien démarré mercredi, mais avec des magasins moins bondés que d'habitude.

Jeudi, la barre des 20.000 cas positifs enregistrés en une journée a de nouveau été dépassée. Selon des données plus consolidées, mais pas définitives, le nombre de personnes testées positives est resté stable la semaine dernière, à plus de 128.000.

- Accélération primordiale -

Conséquence de l'augmentation des contaminations à la sortie des fêtes de fin d'année, les entrées à l'hôpital sont reparties à la hausse, repassant au-dessus de 10.000 sur sept jours depuis cette semaine. Avec plus de 25.000 patients Covid-19 hospitalisés sur tout le territoire, dont 2.876 en réanimation, la charge sur le système de santé reste élevée, au même niveau qu'à la sortie de la 2e vague cette automne.

La France a enregistré 358 décès supplémentaires à l'hôpital mercredi, selon Santé publique France, un niveau stable depuis des semaines, portant le total à 71.998 morts depuis le début de l'épidémie (hôpital et Ehpad confondus).

Mais aux yeux des autorités sanitaires et de nombreux médecins, le contexte est rendu toujours très fragile par la menace des variants du Covid-19, dont le "VOC 202012/01" plus contagieux, qui a submergé le système hospitalier au Royaume-Uni, où 1.820 décès supplémentaires ont été enregistrés mercredi (93.290 morts au total), un nouveau record quotidien.

"Au 20 janvier 2021, 131 cas d’infections au variant VOC 202012/01 (Royaume-Uni) et 10 cas d’infections au variant 501Y.V2 (Afrique du Sud) ont été rapportés en France", a indiqué jeudi soir Santé Publique France, jugeant "l'accélération du déploiement de la campagne de vaccination (...) primordiale".

Jeudi soir, le ministère de la Santé a fait état d'un bilan de près de 823.567 personnes vaccinées.

Mais pour le conseil scientifique, si les vaccins constituent "un espoir majeur pour limiter l’impact voire résoudre en grande partie la pandémie COVID-19", ce n'est "pas avant l'été – automne 2021".

Auteur(s): Par Andréa BAMBINO, Stéphane ORJOLLET - Paris (AFP)


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