Crash du Rio-Paris: Airbus et Air France fixées le 12 mai sur un éventuel procès

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Crash du Rio-Paris: Airbus et Air France fixées le 12 mai sur un éventuel procès

Publié le 04/03/2021 à 21:16 - Mise à jour à 21:18
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L'éventualité d'un procès d'Air France et Airbus pour le crash du Rio-Paris en 2009 sera tranchée le 12 mai par la cour d'appel de Paris, une décision très attendue par les familles des victimes de cette catastrophe, la plus meurtrière de l'histoire de la compagnie française.

Trois magistrats doivent se prononcer à cette date sur les débats qui se sont tenus jeudi devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel, qui a examiné à huis clos la validité du non-lieu accordé en 2019 à la compagnie et au constructeur.

Le 1er juin 2009, le vol AF447, reliant Rio de Janeiro à Paris, s'était abîmé au milieu de l'Atlantique. Tous les passagers et les membres d'équipage, 228 personnes de 34 nationalités, avaient péri dans l'accident. L'épave et les boîtes noires avaient été retrouvées deux ans plus tard à près de 4.000 mètres de fond.

A l'audience, le parquet général a confirmé ses réquisitions écrites en faveur de la tenue d'un procès pour "homicides involontaires" contre Air France et Airbus.

"Nous ne réclamons pas vengeance mais justice pour la dignité des familles et des victimes", a déclaré à l'AFP Danièle Lamy, présidente de l'association Entraide et Solidarité AF447, à l'issue de plus de cinq heures de débats.

"Il faut un procès pour permettre un débat public qui mettra en lumière les comportements fautifs et les négligences dans la chaîne de responsabilité", a-t-elle ajouté, craignant qu'une "certaine forme d'impunité conduise à ce qu'une telle catastrophe se renouvelle".

"Comment une compagnie nationale appréciée, comment un aéronef de la plus haute technologie, réputé indécrochable, d'un célèbre avionneur, comment ces deux entités ont-elles pu laisser se produire une telle catastrophe ?", a demandé Mme Lamy à la cour, devant laquelle elle était exceptionnellement autorisée à s'exprimer malgré le huis clos.

Les avocats des deux entreprises n'ont pas souhaité s'exprimer.

- Défaillances de l'équipage ?-

Le 29 août 2019, après dix ans d'enquête marquée par une bataille d'expertises judiciaires, les juges d'instruction avaient rendu un non-lieu, prenant le contre-pied des réquisitions du parquet de Paris qui demandait un procès contre la seule compagnie, pour "négligence et imprudence" dans la formation de ses pilotes.

Deux ans et demi plus tard, le parquet général, supérieur hiérarchique du parquet, demande désormais de retenir également la responsabilité du constructeur aéronautique, estimant qu'il a sous-estimé "la dangerosité des incidents anémométriques consécutifs au givrage des sondes".

Le givrage des sondes de vitesse Pitot est en effet l'élément déclencheur de la catastrophe. L'incident avait conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l'Airbus A330 et désorienté les pilotes jusqu'au décrochage fatal de l'appareil.

Un premier rapport en 2012 avait conclu à des défaillances de l'équipage, des problèmes techniques et un manque d'information des pilotes sur le givrage des sondes. Puis une contre-expertise, réclamée par le constructeur, avait pointé une "réaction inappropriée de l'équipage" face au décrochage de l'avion et les manquements d'Air France.

Les parties civiles avaient obtenu l'annulation de cette seconde expertise et la réouverture de l'enquête. Mais une troisième et ultime expertise, en 2017, avait également mis l'accent sur "des actions inadaptées en pilotage manuel" de l'équipage et tendait à dédouaner Airbus.

Dans leur ordonnance de non-lieu, les magistrats instructeurs avaient considéré que cet accident s'expliquait "manifestement par une conjonction d'éléments qui ne s'était jamais produite, et qui a donc mis en évidence des dangers qui n'avaient pu être perçus avant".

Les investigations "n'ont pas conduit à caractériser un manquement fautif d'Airbus ou Air France en lien (...) avec les fautes de pilotage (...) à l'origine de l'accident", avaient-ils estimé.

Auteur(s): Par Benjamin LEGENDRE - Paris (AFP)

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