Dépenses excessives de campagne: Nicolas Sarkozy fixé sur son sort le 30 septembre

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance, faites un don !

Dépenses excessives de campagne: Nicolas Sarkozy fixé sur son sort le 30 septembre

Publié le 22/06/2021 à 21:27 - Mise à jour le 23/06/2021 à 10:45
© Benoit PEYRUCQ / AFP/Archives
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par Alain JEAN-ROBERT - Paris (AFP)
-A +A

Après cinq semaines de débats, le procès de Nicolas Sarkozy, et de 13 autres prévenus, dans l'affaire des dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012 s'est achevé mardi et le tribunal correctionnel de Paris a mis sa décision en délibéré au 30 septembre.

Alors que le parquet a requis un an de prison dont six mois avec sursis à l'encontre de l'ancien chef de l'Etat, son avocate, Me Gesche Le Fur, a plaidé mardi en faveur de la relaxe de son client.

"Il n'a signé aucun devis, il n'a signé aucune facture, il a accepté toutes les restrictions qu'on lui a demandées. Il est loin d'être un candidat hystérique, insatiable. Il est respectueux des valeurs de la justice", a plaidé l'avocate, qui remplaçait le conseil "historique" de M. Sarkozy, Me Thierry Herzog, souffrant.

Ne contestant pas la fraude, Me Le Fur a expliqué que l'équipe de campagne avait "peut-être cédé à un certain emballement en devançant (les) désirs" du président-candidat. Bref, un excès de zèle.

"La vérité judiciaire de ce dossier ne sera pas la Vérité avec un grand V. La justice a fait son travail avec les éléments qu'on a bien voulu lui donner", avait concédé la procureure Vanessa Perrée lors de son réquisitoire. "Qui a ordonné le système ? Nous n'avons pas assez d’éléments pour le démontrer".

L'avocat de Jérôme Lavrilleux, Me Christian Saint-Palais, a demandé pour sa part au tribunal "une sanction adaptée" pour son client.

Ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé quand ce dernier était patron de l'UMP (devenue Les Républicains) et directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, M. Lavrilleux est l'un des rares prévenus à avoir admis sa responsabilité dans la fraude.

Me Saint-Palais a dénoncé une sorte "d'entente cordiale" des autres prévenus contre de son client, par leur volonté de lui faire "porter seul le chapeau".

Compte tenu de ses "aveux", le ministère public a requis contre Jérôme Lavrilleux une peine de 3 ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende.

Intervenant à la fin des débats, M. Lavrilleux qui s'est retiré définitivement de la politique pour s'occuper de gîtes ruraux en Dordogne, a affirmé s'en remettre "à la décision du tribunal".

Avant le procès, M. Lavrilleux avait indiqué qu'il ferait appel seulement s'il était condamné à une peine de prison ferme.

- Conventions fictives -

L'ex-chef de l'Etat, qui ne s'est présenté au tribunal qu'à l'occasion de son interrogatoire, était jugé depuis le 20 mai avec 13 anciens cadres de l'UMP et de la société Bygmalion (qui organisait les meetings), membres de l'équipe de campagne ou experts-comptables.

A la différence des autres prévenus, Nicolas Sarkozy est poursuivi uniquement pour "financement illégal de campagne", pour avoir signé des comptes de campagne considérés comme frauduleux, et non pour "escroquerie", "usage de faux" et "abus de confiance".

L'enquête a montré que les dépenses de sa campagne présidentielle se sont élevées à près de 42,8 millions d’euros alors que le plafond légal était de 22,5 millions.

Pour tenter de masquer cette explosion des comptes de campagne, un système de double facturation a été mis en place imputant à l'UMP, sous couvert de conventions fictives, une grosse partie du coût des meetings de campagne.

L'enquête "n'a pas établi" que Nicolas Sarkozy l'aurait "ordonné", qu'il y aurait "participé", ni même qu'il en aurait été informé. Par contre, l'accusation a soutenu qu'il en avait "incontestablement" bénéficié, disposant ainsi de "moyens bien supérieurs à ceux que la loi autorisait".

Le parquet a requis à l'encontre des autres prévenus des peines de dix-huit mois à quatre ans de prison avec sursis et des amendes allant jusqu'à 150.000 euros.

En mars, Nicolas Sarkozy était devenu le premier ex-président de la Ve République à être condamné à de la prison ferme (trois ans dont un ferme), pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes".

Auteur(s): Par Alain JEAN-ROBERT - Paris (AFP)

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Croquis d'audience montrant l'ancien président français Nicolas Sarkozy (c) à la barre du tribunal correctionnel de Paris (C) dans l'affaire Bygmalion le 15 juin 2021

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-