Disparition d'Amandine: Guerric Jehanno condamné à 30 ans de réclusion pour meurtre et viol

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Disparition d'Amandine: Guerric Jehanno condamné à 30 ans de réclusion pour meurtre et viol

Publié le 14/10/2020 à 17:40 - Mise à jour à 20:40
© GEORGES GOBET / AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par Marisol RIFAI - Albi (AFP)
-A +A

L'ancien maçon Guerric Jehanno a été condamné mercredi à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Tarn pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'Amandine Estrabaud, une surveillante de 30 ans dont le corps n'a jamais été retrouvé.

A l'annonce du verdict, la mère d'Amandine a fondu en larmes, affirmant que l'âme de sa fille allait enfin pouvoir "reposer en paix", plus de sept ans après sa disparition.

Après près de quatre heures de délibération, les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocat général Bernard Lavigne, qui leur avait demandé de reconnaître M. Jehanno coupable de tous les faits qui lui étaient reprochés et de le condamner à 30 ans de réclusion criminelle.

Revenant point par point sur les éléments de l'enquête depuis la disparition de la jeune femme le 18 juin 2013, l'avocat général s'est lancé dans une démonstration, affirmant que l'accusé "remplit intégralement tous les critères" correspondant au profil de la dernière personne à avoir été vue avec Amandine Estrabaud.

L'après-midi des faits, après avoir quitté à pied le lycée de Castres où elle travaillait comme surveillante, la victime est aperçue par sa voisine devant son domicile à Roquecourbe, descendant d'un fourgon blanc avec un homme qu'elle semble connaître.

Ce jour-là, M. Jehanno qui correspond à la description de cette voisine, travaillait sur un chantier à Roquecourbe et pouvait ainsi conduire un véhicule identique à celui décrit par cetémoin.

- Aucune trace d'ADN retrouvée -

Au domicile de la victime, aucune trace d'ADN n'est retrouvée. Seulement une porte d'entrée restée ouverte, une zone d'herbes couchées dans le jardin, des ballerines et des boucles d'oreilles.

Pour l'avocat général, l'hypothèse d'une disparition volontaire, avancée par la défense, est à exclure. Il est ensuite revenu sur les nombreuses déclarations de Guerric Jehanno au cours des mois suivant la disparition d'Amandine.

"A sa mère d'abord, à qui il ne cesse de répéter +je ne suis pas un assassin+, ou +si on retrouve du sang dans le fourgon c'est celui des truites+. Préoccupée, c'est elle qui alerte les gendarmes sur le comportement étrange de son fils", rappelle l'avocat général.

"Il délirait", soutient l'une des avocates de la défense, Me Marie-Hélène Pibouleau, expliquant qu'à la même période, son client qui venait de perdre son travail et avait été quitté par sa petite amie, répétait sans cesse qu'il avait le sida.

Mais c'est surtout après sa mise en examen, environ deux ans plus tard, qu'il va se confier à différents moments à quatre co-détenus. Guerric Jehanno leur a ainsi livré des détails sur la façon dont il aurait violé et tué une fille de son village, dessinant même un plan détaillé du lieu où il aurait enterré le corps.

A la barre, l'accusé assure avoir tout inventé pour des raisons qu'il n'explique pas.

- "Intime conviction" -

Ces informations vont "au-delà de ce que les enquêteurs lui reprochaient, puisqu'à l'époque, il était uniquement mis en examen pour séquestration", a lancé l'avocat général dans son réquisitoire.

Mais pour l'avocat de l'accusé, Me Simon Cohen, "l'intime conviction ce n'est pas le bon plaisir, ce n'est pas l'arbitraire". "L'intime conviction se base sur des preuves", a-t-il martelé lors de sa plaidoirie.

"Si elle est morte, et ce n'est pas ma conviction, Amandine est la première victime. Et la deuxième victime c'est lui parce qu'il est ici contre tous les principes que nous défendons", a-t-il lancé, pointant Guerric Jehanno, qui est resté impassible au cours des cinq jours de procès.

"Cet homme taciturne, sans verbe, sans poésie, est un symbole que vous allez défendre. Ou sacrifier. Et personne ne vous en demandera compte, sauf votre conscience", a-t-il lancé face aux jurés.

"Avez-vous un seul élément matériel vous permettant de dire +je suis sûr?", a ajouté Me Cohen, rappelant que "pas une trace de sang, pas un lambeau de chair, pas un morceau de tissu, rien" n'a été retrouvé.

En fin d'audience, l'accusé a encore un fois affirmé, "je suis innocent". Ses avocats ont annoncé qu'il allait faire appel de la condamnation.

Auteur(s): Par Marisol RIFAI - Albi (AFP)

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




La mère de Amandine Estrabaud, Monique Sire attend avant une audience au tribunal à Albi, le 8 octobre 2020

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-