Education: Blanquer veut "autoriser à nouveau le redoublement"

Education: Blanquer veut "autoriser à nouveau le redoublement"

Publié le 08/06/2017 à 03:57 - Mise à jour à 15:05
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Auteur(s): Par AFP

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A trois mois de la rentrée, le ministre de l'Education promet des stages de soutien avant la 6e, rappelle aux profs la possibilité du redoublement et présente aux syndicats un assouplissement des réformes emblématiques du précédent gouvernement.

Jean-Michel Blanquer a notamment détaillé jeudi ses pistes pour lutter contre l'échec scolaire. Dans une interview au Parisien, il a ainsi remis sur la table le redoublement, qu'il souhaite "autoriser à nouveau" dès la prochaine année scolaire.

Le nouveau locataire de la rue de Grenelle marque un infléchissement par rapport à la politique de la socialiste Najat Vallaud-Belkacem qui l'a précédé et qui avait pris en novembre 2014 un décret affirmant "le caractère exceptionnel du redoublement". "Le redoublement doit rester possible quand c'est dans l'intérêt de l'élève, et dans des cas qui doivent rester rares", affirme aujourd'hui Jean-Michel Blanquer.

Au ministère, on précise qu'il s'agit de "rappeler aux professeurs que le dispositif du redoublement existe et qu'on peut l'utiliser dans l'intérêt de l'enfant", en accord avec les parents, et dans des cas bien précis. Il n'y aura pas de nouveau texte sur ce sujet.

La grande majorité des pays se sont, depuis les années 1970, ralliés à la promotion automatique des élèves d’une classe à l'autre. En France, en 2015, 22% des élèves avaient redoublé au moins une fois avant l’âge de 15 ans, un taux en nette régression par rapport à 2003 (-17 points) mais deux fois plus important que la moyenne des pays de l'OCDE. Et la pratique reste largement débattue.

Mais pour le nouveau ministre, "la première des réponses" au retard scolaire "réside dans l'accompagnement tout au long de l'année".

Il promet aussi des stages de soutien gratuit avant l'entrée en sixième. "Ces stages d'une semaine seront proposés fin août au moins en éducation prioritaire, et si possible plus largement", a-t-il détaillé au Parisien. Centrés sur le français et les maths, ils seront dispensés par des enseignants volontaires rémunérés en heures supplémentaires.

- 'Le calendrier électoral' -

M. Blanquer, qui se défend de vouloir "détricoter" les précédentes réformes, remet aussi jeudi sur la table deux dossiers emblématiques du précédent quinquennat. Il soumet les projets de décrets qui autorisent le retour à la semaine de quatre jours et assouplissent la réforme du collège au conseil supérieur de l'éducation (CSE), organe réunissant les principaux acteurs de l'école, dont les syndicats.

Sur les rythmes scolaires, le ministre a ouvert la possibilité, surtout pour la rentrée 2018, d'avoir le choix entre différentes formules. Sans abroger la semaine de 4,5 jours réinstaurée en 2014, le projet de décret soumis au CSE autorise ainsi de nouvelles dérogations. La mairie de Nice a déjà annoncé l'arrêt de l'école le mercredi dès septembre.

Un rapport du groupe du travail du Sénat recommande de ne pas revenir à cette semaine de quatre jours, et ce malgré les défauts de la réforme, "improvisée et incomplète". Y revenir "serait un mauvais signe car on ferait prévaloir le monde des adultes sur celui des enfants", a notamment fait valoir Jean-Claude Carle, sénateur Les Républicains de Haute-Savoie.

Le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire qui avait mené la contestation en 2014, s'inquiète aussi d'un "décret pressé par le calendrier électoral". Une précipitation qui impose selon lui "aux écoles, aux familles et aux collectivités locales des modifications importantes de la semaine scolaire à trois mois de la rentrée scolaire".

Autre sujet sensible: la réforme du collège, qui divise les syndicats à trois mois de la rentrée. Dès la rentrée 2017, les établissements disposeront d'une liberté accrue pour décider d'une partie de leurs enseignements, restaurer les classes bilangues en 6ème et supprimer, s'ils le souhaitent, les enseignements interdisciplinaires.

Auteur(s): Par AFP

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"Il y a quelque chose d'absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant des retards., a déclaré Jean-Michel Blanquer.

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