Empoisonnement de patients à Besançon: l'anesthésiste laissé libre

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Empoisonnement de patients à Besançon: l'anesthésiste laissé libre

Publié le 29/03/2017 à 16:13 - Mise à jour à 16:15
© SEBASTIEN BOZON / AFP
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Auteur(s): Par AFP

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Les juges de la chambre de l'instruction de Besançon ont décidé mercredi de laisser en liberté sous contrôle judiciaire Frédéric Péchier, le médecin anesthésiste mis en examen pour sept empoisonnements de patients, dont deux mortels.

Tendu, le visage fermé et vêtu de noir, Frédéric Péchier, 45 ans, s'est présenté mercredi matin à 09H30 devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon, accompagné de son épouse et de sa famille. L'audience s'est tenue à publicité restreinte.

L'avocate générale a requis le placement en détention provisoire de l'anesthésiste, mais les juges ont décidé, comme en première instance, de le laisser libre sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'exercer. La caution qu'il doit verser est passée de 60.000 à 100.000 euros.

Pour son avocat, Randall Schwerdorffer, c'est une décision "juste" de "magistrats qui ont fait preuve d'une grande prudence" en respectant la "présomption d'innocence".

"C'est un moment terrible pour moi. Je suis innocent de toutes les accusations à mon encontre", a déclaré le Dr Péchier à l'issue de l'audience.

"J'ai foi en la justice et j'espère que l'affaire va vite avancer et qu'elle aboutira rapidement", a-t-il ajouté, hagard, la voix hésitante.

Plusieurs victimes étaient venues assister à l'audience, accompagnées de leurs avocats.

"On est très, très attaché à la présomption d'innocence. Les victimes ne souhaitent pas qu'on prenne le risque de mettre en détention provisoire quelqu'un qui potentiellement est innocent", a déclaré Me Frédéric Berna, avocat de plusieurs victimes.

"Nous, on cherche la vérité. On veut que l'enquête se poursuive sereinement", a-t-il ajouté, "déçu que le docteur Péchier ne souhaite pas y collaborer" avec un "système de défense visant à changer de position à chaque fois qu'on pose une question".

Après sa mise en examen pour "empoisonnements avec préméditation", le 6 mars, le praticien avait déjà été laissé libre sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention.

- 'On veut la vérité' -

Le parquet avait fait appel de cette décision, estimant que son incarcération était nécessaire pour "permettre à l'enquête de se poursuivre sans pression et avec sérénité".

"Il y a un trouble à l'ordre public important", le médecin est mis en examen pour "des faits très graves, il faut éviter le renouvellement de ces infractions", avait indiqué la procureur de Besançon, Edwige Roux-Morizot.

Ce praticien réputé et apprécié du milieu médical bisontin est suspecté par les enquêteurs de la police judiciaire de l'empoisonnement volontaire et prémédité de sept patients âgés de 37 à 53 ans, entre 2008 et 2017, dans deux cliniques privées de Besançon.

Il encourt une peine de réclusion criminelle à perpétuité s'il est déclaré coupable.

Selon l'enquête, des "doses létales de potassium et d'anesthésique" ont été volontairement administrées à quatre patients de la clinique Saint-Vincent - dont deux sont morts - et à trois patients de la polyclinique de Franche-Comté lors d'opérations sans difficulté particulière.

Frédéric Péchier n'était pas en charge de ces patients, mais il était parfois appelé pour les réanimer.

"S'il y a eu empoisonnement c'est quelqu'un d'autre, mais nous ne savons pas qui ça peut être", a déclaré Me Schwerdorffer, argumentant que "des gens relativement malveillants avec le Dr Péchier" ont pu "influencer les enquêteurs".

"On est comme les victimes, on veut la vérité. On voulait que notre avocat puisse expliquer pourquoi mon mari est innocent" publiquement, a déclaré à l'AFP sa femme, regrettant la non-publicité des débats.

Une quarantaine d'autres incidents similaires enregistrés à Besançon sur une vingtaine d'années, dont une vingtaine ont été mortels, sont à l'étude pour vérifier s'ils sont d'origine criminelle.

Auteur(s): Par AFP


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Le Dr Frédéric Péchier à la sortie du palais de justice de Besançon le 29 mars 2017

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