Haute couture: Imane Ayissi rend complices les tissus d'Afrique et d'ailleurs

Haute couture: Imane Ayissi rend complices les tissus d'Afrique et d'ailleurs

Publié le 08/07/2021 à 12:07 - Mise à jour à 12:18
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP/Archives
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Auteur(s): Par Olga NEDBAEVA - Paris (AFP)

Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Press). Plus de détails sur les différentes typologies d'articles publiés sur FranceSoir, en savoir plus

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Deux silhouettes presque semblables, l'une en tissu qui vient d'Afrique, l'autre en matière européenne ou japonaise: le créateur d'origine camerounaise Imane Ayissi célèbre les rencontres entre les cultures et les savoir-faire dans sa collection haute couture présentée jeudi à Paris.

"Je veux raconter deux histoires, de l'Afrique et d'un autre continent. Les étoffes et les personnes qui se mêlent vont finir pas se ressembler et avoir les mêmes habitudes", explique à l'AFP le couturier, premier ressortissant sub-saharien qui présente ses collections haute couture à Paris depuis 2020.

Une mannequin, cheveux courts, maquillage nude, enfile une longue robe rouge avec des dentelles de Calais et défile dans un studio au décor minimaliste sur fond blanc, où est tournée la vidéo de la collection.

De longues boucles d'oreilles en rondelles dorées apportent une touche ethnique et décalée.

Une autre robe presque identique teinte à la main pour un imprimé effet dentelle au Nigeria attend son tour sur les cintres.

- "Madzang" -

Chaque vêtement de la collection automne-hiver 2021-2022 a son "jumeau", comme cette robe-cape courte et ample du "petit chaperon Rouge" en raphia teint au Cameroun ou une veste en faso dan fani, un tissu à rayures qui fait partie du patrimoine du Burkina Faso...

Les hauts en rondelles, "clin d'oeil à Paco Rabanne", sont faits en écorces d'arbre et en simili-cuir.

Une veste en kenté, tissu d'origine ghanéenne de soie et de coton composé de bandes entrelacées a son "double" en jacquard français. Les motifs sont différents, mais il y a un rappel dans les couleurs et la coupe est presque identique...

La collection est baptisée "Madzang", mot qui désigne en langue Ewondo du centre du Cameroun une personne de la famille ou par extension une personne lointaine avec qui une complicité est établie.

"Ne pourrait-on pas utiliser ce mot pour l'ensemble de l'humanité pour rappeler ce qui nous lie au-delà des différences culturelles?", s'interroge le couturier.

- "Vitrine" numérique" -

Ce "jeu de silhouettes et d'images" est une nouvelle façon pour le couturier de montrer les tissages artisanaux et tapisseries ethniques de l'Afrique, peu connus.

Ancien danseur et mannequin, Imane Ayissi adore les défilés, mais a une nouvelle fois opté cette saison pour le film.

Pour la mise en scène et la lumière, "j'aime le côté homogène, la lumière blanche, pas trop de couleurs. On accentue tout sur la silhouette et la fille" qui la présente, souligne-t-il.

"La vidéo c'est aussi une vitrine. Même si c'est abstrait, cela nous rapproche des gens qui sont loin et qui veulent voir nos oeuvres", poursuit-il.

La crise sanitaire a été dure à vivre pour lui.

"C'était difficile, ne pas faire de showroom, ne pas aller voir les tissus, ni les artisans dans les quatre coins du monde. Les clientes ont passé moins de commandes, tout s'est arrêté, pas de fêtes, pas de mariages, pas de sorties grandioses, pas de festivals, pas d'évènements", énumère-t-il.

"On remonte la pente petit à petit, mais cela n'a pas été évident".

Dans le contexte, la vidéo offre une autre approche pour faire vivre la marque.

"Le monde va vers la high tech, il y a trois-quatre ans, on ne pouvait pas imaginer cette tournure", ajoute-t-il en estimant que les défilés iront désormais de pair avec les présentations numériques.

Auteur(s): Par Olga NEDBAEVA - Paris (AFP)

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Le couturier d'origine camerounaise Imane Ayissi lors du tournage pour sa collection haute couture à Paris, le 3 juillet 2021

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