Hyper Cacher: 10 personnes en garde à vue dans le volet de la fourniture d'armes à Amédy Coulibaly (proches enquête)

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Hyper Cacher: 10 personnes en garde à vue dans le volet de la fourniture d'armes à Amédy Coulibaly (proches enquête)

Publié le 26/04/2017 à 09:40 - Mise à jour à 20:10
© IAN LANGSDON / POOL/AFP/Archives
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Auteur(s): Par AFP

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Par quels trafics et entre quelles mains ont transité les armes du tueur de l'Hyper Cacher Amédy Coulibaly? L'enquête sur les attentats de janvier 2015 à Paris a conduit depuis lundi à treize interpellations en France et en Belgique, dont celles de trafiquants d'armes présumés.

L'opération menée principalement en région lilloise, et en Belgique, par la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire visait notamment un ex-douanier et des trafiquants d'armes présumés. Parmi eux, Claude Hermant, 54 ans, ancien mercenaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, et proche des milieux de l'extrême droite nordiste, a expliqué mercredi à l'AFP une source proche de l'enquête.

Extrait de la prison où il est incarcéré pour un dossier de trafic d'armes instruit à Lille, il a été placé en garde à vue ainsi que sa femme et onze autres suspects. Une personne a par ailleurs été entendue mercredi en audition libre en Belgique.

Les enquêteurs cherchent à reconstituer le cheminement des armes parvenues à Coulibaly et à savoir comment elles ont été remilitarisées. Ils s'interrogent aussi sur de possibles liens entre certains des suspects et les armes utilisées par les frères Kouachi dans l'attaque du 7 juillet 2015 contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo (12 morts), selon une source proche de l'enquête.

Les investigations sur ces attentats jihadistes ont montré que les armes de Coulibaly, venues de Slovaquie et démilitarisées, étaient passées par un intermédiaire en Belgique avant d'être achetées parmi des dizaines d'autres par une société de l'épouse de Hermant, entre juillet et novembre 2014. Le couple avait déjà été interrogé en garde à vue en décembre 2015 dans l'enquête antiterroriste, sans être mis en examen.

Quatre pistolets semi-automatiques Tokarev et un fusil d'assaut avaient été retrouvées dans la planque de Coulibaly à Gentilly et à l'Hyper Cacher. Le 9 janvier 2015, au lendemain de l'assassinat d'une policière municipale à Montrouge, en banlieue parisienne, ce délinquant radicalisé avait surgi dans ce supermarché casher de la porte de Vincennes, tuant quatre personnes, avant d'être abattu par la police dans un assaut quasi-simultané avec celui mené contre les frères Kouachi.

Dans cette enquête, sept hommes, dont six sont écroués, ont été mis en examen, suspectés à des degrés divers d'avoir apporté une aide logistique à Coulibaly, mais tous nient avoir eu connaissance du projet d'attentat.

- Un indic? -

Mis en examen dans l'affaire de trafic d'armes à Lille, Claude Hermant avait déclaré en janvier 2015 aux enquêteurs avoir agi en tant qu'indicateur de douaniers et de gendarmes lors de ventes d'armes, mais ce rôle pose question, des témoins le présentant aussi comme un trafiquant à son compte.

"Les dernières actualités (...), ces événements horribles, je parle bien des attentats de Paris, ont fait tilt dans ma tête", avait-il alors affirmé en garde à vue, selon une source proche du dossier.

En voyant les informations, et "notamment le type d'arme", "j'ai pris conscience que ces armes citées" ont "pu être des armes que j'ai été amené à fournir" à un autre trafiquant présumé, Samir L., "une cible très intéressante" à qui il aurait remis "40 à 45 pièces", avait-il expliqué.

Claude Hermant assurait qu'il agissait en lien avec la gendarmerie, mais que n'ayant plus de nouvelles de ses agents traitants, il avait "continué à travailler" avec ce trafiquant présumé.

"Mon client conteste toute implication" dans les attentats et "affirme avoir toujours agi, lorsqu'il a vendu les armes, avec le feu vert des gendarmes de la section de recherches de Lille. Il souhaite que tous les documents le concernant soient déclassifiés", a déclaré à l'AFP son avocat, Yassine Bouzrou.

Lors de sa garde à vue fin 2015 à la Sdat, Hermant avait affirmé que Samir L. cherchait des armes pour des équipes montant aux braquages. Quelques jours après les attentats, "je lui ai posé la question: +Est-ce que tu as à voir avec ça?+ Il m'a répondu +Non. Vu les événements, je me mets au vert+", avait-il raconté.

Samir L., mis en examen dans le dossier lillois, se trouvait en garde à vue mercredi, comme d'autres trafiquants présumés en lien avec Claude Hermant et eux aussi cités dans cette affaire de trafic d'armes.

Auteur(s): Par AFP


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