Injures envers Alain Finkielkraut : la garde à vue du suspect prolongée

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Par AFP - Paris
Publié le 20 février 2019 - 09:11
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Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut, le 1er décembre 2016, dans la bibliothèque de l'Académie française à Paris
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© Eric FEFERBERG / AFP/Archives
Un homme soupçonné d'avoir proféré des injures à caractère antisémite envers le philosophe Alain Finkielkraut samedi a été placé en garde à vue mardi soir à Mulhouse
© Eric FEFERBERG / AFP/Archives

L'homme soupçonné d'avoir proféré des injures à caractère antisémite envers le philosophe Alain Finkielkraut, samedi en marge d'une manifestation parisienne de "gilets jaunes", a vu sa garde à vue à Mulhouse prolongée mercredi soir, a-t-on appris de source judiciaire.

Sa garde à vue commencée mardi soir est prolongée pour une durée maximale de 24 heures.

Selon des sources proches du dossier, il avait répondu à une convocation en se rendant à l'antenne mulhousienne de la police judiciaire. Des enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance contre la personne de la PJ parisienne, en charge des investigations, sont sur place.

Le parquet de Paris avait ouvert dimanche une enquête préliminaire pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion". Ces injures ont suscité une vague de condamnations par l'ensemble de la classe politique.

Le suspect, un vendeur de téléphones du Haut-Rhin, est l'homme le plus visible sur les vidéos de l'altercation diffusées samedi, a indiqué une source policière.

"Espèce de sioniste", "grosse merde", "elle est à nous, la France", avait notamment proféré cet homme, vêtu d'un gilet jaune en s'adressant au philosophe et académicien qui n'a pas porté plainte.

Une autre source proche du dossier l'a décrit comme un "petit délinquant, proche de la mouvance salafiste mais pas fiché radicalisé". Il était "connu pour des faits de violences volontaires commises dans une seule affaire, recel de vol, défaut d’assurance en 2005 et violences sur agent de la force publique en 2004", a-t-elle précisé.

"Il est venu avec nous faire une mission humanitaire au sud du Liban dans un camp de réfugié à l'été 2014", a indiqué à l'AFP Mohamad Fahroud, secrétaire général de l'association des Palestiniens de France, basée à Mulhouse.

Celui-ci décrit le suspect comme quelqu'un de "motivé", "calme" et qui "ne causait aucun problème". "Il était converti (à l'islam), il faisait les prières" mais il n'était "pas radical".

"On a tous été très surpris, choqués" à la vue de la vidéo dans laquelle il insulte Alain Finkielkraut, a ajouté M. Fahroud.

Selon des témoignages recueillis dans son quartier de Mulhouse, l'homme de 36 ans, bénévole au collectif Palestine 68, vit depuis deux ans dans un appartement d'un quartier en périphérie du centre-ville. Marié, il est père de cinq enfants : trois sont collégiens et deux en primaire.

Il habitait auparavant dans le quartier de Bourtzwiller, dans le nord de Mulhouse, où il était impliqué dans le milieu du football.

Le suspect avait été identifié sur les vidéos par un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) de Mulhouse qui avait, dans la foulée, adressé un signalement "dimanche ou lundi" à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon des sources proches du dossier.

La France a connu récemment une multiplication d'actes antisémites. Mardi, 96 tombes ont été découvertes profanées dans un cimetière juif alsacien.

Des rassemblements contre l'antisémitisme se sont tenus mardi dans de nombreuses villes à travers la France, notamment place de la République à Paris où des milliers de personnes ont dénoncé ces actes.

Une cinquantaine de partis, associations, mouvements avaient appelé à faire front commun contre l'antisémitisme, à l'initiative du premier secrétaire du PS Olivier Faure.

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