Le recyclage des petits déchets, gros enjeu pour les centres de tri

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Le recyclage des petits déchets, gros enjeu pour les centres de tri

Publié le 09/11/2019 à 07:00 - Mise à jour à 09:38
© CLEMENT MAHOUDEAU / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): Par Simon BOEHM - Romainville (France) (AFP)

-A +A

Dans l'énorme tas de détritus déchargé toute la journée à Romainville au nord-est de Paris se cachent plastiques, aluminium et autres déchets valorisables, mais le tri de ces morceaux parfois minuscules s'avère complexe et coûteux.

Dans ce centre de tri de Seine-Saint-Denis, l'un des six exploités en Ile-de-France par le Syctom, l'agence régionale des déchets ménagers, le tri des petites pièces intervient dès le début de la chaîne.

Les déchets issus de la collecte sélective des "poubelles jaunes" sont répartis en permanence par des pelleteuses avant d'être dirigés sur un convoyeur. C'est le début d'une longue suite de tapis roulants, permettant progressivement de séparer les déchets, selon leur taille et leur nature.

En début de chaîne, les petits morceaux de moins de 6,5 cm prennent un chemin spécifique. Le reste passe dans un trommel, un tamis cylindrique tournant qui sépare les déchets de moins de 9 cm, de plus de 35 cm, et ceux entre ces deux tailles.

"On est en train de moderniser l'ensemble de nos installations et on est en mesure d'aller chercher les petits matériaux", en particulier les pièces métalliques pour lesquelles il existe des possibilités de recyclage, explique Aymeric Dulong, ingénieur à la direction du Recyclage du Syctom et responsable des opérations au centre de Romainville.

- Quantités encore modestes -

Fruit d'investissements massifs pour améliorer le traitement des déchets ménagers, presque tous les matériaux ont désormais une filière de recyclage dédiée. Mais les toutes petites pièces métalliques ou plastiques doivent aussi y trouver leur place.

L'objectif premier est de collecter les éléments métalliques non ferreux, essentiellement de l'aluminium, comme des plaquettes de médicaments. Les quantités restent assez modestes comparées à la masse de déchets traités dans un centre de tri.

Pour l'aluminium par exemple, c'est "à peu près 5 tonnes par mois à Romainville, qui trie 55.000 tonnes de collecte sélective par an", évalue M. Dulong. Soit 0,1% des déchets triés.

S'agissant de l'acier, certains centres de tri permettent d'obtenir un flux "de bonne qualité", assez pur, qui peut partir en recyclage. Si ce n'est pas le cas, il part en incinération.

C'est aussi ce qui se passe pour les petites pièces de plastique, ou en papier, qui font partie du "refus" ((déchets non valorisés).

"C'est faible comme pourcentage en comparaison de ce qui rentre, ça doit représenter peut-être 5% des plastiques", indique M. Dulong.

- cibler les plus gros volumes -

La récupération des petites pièces plastiques "n'est pas l'aspect le plus facile du métier", constate Antoine Robichon, directeur stratégie et innovation de Citeo, l'organisme de collecte des emballages ménagers.

"Toute la stratégie de la filière française mise en place les 25 dernières années, c'était d'aller cibler les plus gros volumes", explique-t-il.

S'agissant des plastiques, "une bonne moitié était des bouteilles et flacons assez faciles à capter", rappelle-t-il. "C'est ce qui a été fait" et ensuite "tout le travail depuis 5 à 10 ans, c'est de s'attaquer au reste du gisement de plastiques".

Mais la possibilité de réduire la quantité de refus et de capter davantage de petits éléments, notamment les plastiques, se heurte à une question de coût.

En théorie, "tous ces refus, on pourrait les +surtrier+ derrière", mais "économiquement, ça ne tient pas forcément la route", juge M. Robichon. "L'éco-conception va essayer de simplifier ça. Aujourd'hui, c'est peut-être le défi quand on parle de 100% recyclable", ajoute-t-il.

"En termes d'éco-conception, il faut toujours essayer de supprimer les petites unités" et s'agissant des petits éléments détachables, "voir s'il n'y a pas de solution pour faire en sorte qu'ils restent attachés au corps principal de l'emballage", explique Valentin Fournel, directeur de l'éco-conception chez Citeo, en prenant l'exemple des bouchons solidaires des bouteilles.

Mais "il faut surtout éviter l'écueil de se dire: je vais faire un emballage plus grand pour qu'il soit bien capté", prévient-il.

En sortie du cycle de tri, le centre de Romainville produit 17 flux différents comprenant différentes qualités de cartons et de papiers, plusieurs sortes de plastiques (polyéthylène, polypropylène, polystyrène), des métaux (aluminium, acier) et ce qui est refusé (matériels électriques et électroniques, verre, déchets dangereux).

Auteur(s): Par Simon BOEHM - Romainville (France) (AFP)


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Des déchets plastiques dans un centre de tri à Fos-sur-Mer en septembre 2019

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités France




Commentaires

-