Législatives: vers une majorité sans partage mais pas sans risque

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Législatives: vers une majorité sans partage mais pas sans risque

Publié le 13/06/2017 à 07:38 - Mise à jour à 07:55
© PASCAL GUYOT / AFP
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Auteur(s): Par AFP
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A cinq jours du second tour des législatives qui devrait confirmer l'écrasante majorité prévue pour La République en Marche à l'Assemblée, la presse prévient qu'une majorité sans partage, obtenue qui plus est avec un faible taux de participation, n'est pas sans risque.

"Plus de la moitié des électeurs ont boudé les urnes. Il faudra beaucoup d'intelligence à Emmanuel Macron et au gouvernement pour piloter le pays dans une telle situation", résume Guillaume Goubert, dans La Croix.

"Emmanuel Macron a déjà gagné. La question est de savoir comment il peut répondre à une France coupée en deux. 24 millions d'électeurs n’ont pas voté", s'inquiète Michel Urvoy, de Ouest-France.

"Comment respecter l'exigence du débat quand on peut se permettre de ne pas prêter attention à la contradiction ? Comment des députés, pour la plupart novices, exerceront-ils leur pouvoir, particulièrement celui du contrôle de l'exécutif ?", s'interroge Jérôme Fenoglio, dans Le Monde.

Philippe Marcacci, de l'Est Républicain, explique que cet avantage comporte "sa part de risque" parce qu’il "repose sur les sables mouvants d’une forte abstention". Et il prévient que cette "surreprésentation n’obligera pas les députés à une solidarité sans faille".

"Le coup de maître d'Emmanuel Macron ne doit pas cacher la réalité. Il gagne une majorité mais pas sur un projet de fond", s'emporte Bernard Stéphan, de La Montagne. De plus ajoute-t-il : "Ce coup de balai n'a pas fait disparaître les inquiétudes, les attentes".

- 'D'immenses défis' -

Outre la forte abstention et donc le peu de représentativité, "la nouvelle Assemblée, aussi énergique et renouvelée soit-elle, va se frotter à d’immenses défis, sans tradition ni histoire commune, sans expérience", détaille Jean-Louis Hervois, de la Charente Libre.

"Avec une abstention telle, la majorité parlementaire ne peut pas être représentative du peuple", s'alarme Jean-Marc Chevauché, du Courrier Picard.

"A Emmanuel Macron et aux siens de démontrer leur capacité à maîtriser leur victoire, à écouter toutes les oppositions", avertit Jean-Claude Souléry, de la dépêche du Midi.

"Majorité, c'est sûr. Efficacité, c'est à voir. On le vérifiera à l'épreuve du temps", écrit Christophe Bonnefoy, du Journal de la Haute-Marne.

"On verra si cette nouvelle classe politique obtient de meilleures notes que celle qu’elle vient de renvoyer à ses chères études", ironise Hervé Fabre de la Voix du Nord. Sinon "le boomerang pourrait revenir de manière aussi spectaculaire qu’il a été lancé", estime Laurent Bodin, dans L'Alsace.

"Cette déferlante oblige le président de la République", assure Yann Marec, du Midi Libre.

"Elle lui confère des obligations avec deux handicaps majeurs. Une abstention massive qui ne lui donne pas une légitimité totale et l’arrivée en force des primo politiques chargés de faire marcher la boutique France. Les pros ont échoué, les amateurs débarquent", conclut l'éditorialiste.

Auteur(s): Par AFP

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Des bulletins de vote dans une urne lors du premier tour des législatives, le 11 juin 2017 à Gallician, dans le sud de la France.

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