Mediapart, pourfendeur anticorruption de la droite et de la gauche

  •  FranceSoir a besoin de votre soutien, SIGNEZ LA PETITION !  

Mediapart, pourfendeur anticorruption de la droite et de la gauche

Publié le 12/07/2019 à 13:39 - Mise à jour à 13:48
© JOEL SAGET / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): Par Taimaz SZIRNIKS - Paris (AFP)

-A +A

Journalistes ou "procureurs"? Avec ses révélations sur François de Rugy, Mediapart déstabilise de nouveau un membre du pouvoir en place et se voit accusé par le ministre visé d'avoir le "fantasme des coupeurs de têtes".

Depuis sa création en 2008, à coup de scoops et révélations, le site d'actualité s'est forgé l'image d'un pourfendeur anticorruption de la droite et de la gauche, avec les affaires Tapie, Karachi, Bettencourt, ou celle des "valises libyennes" de Nicolas Sarkozy.

Ces derniers mois, les journalistes du site d'information ont notamment travaillé sur l'affaire Benalla, l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron dont les avantages et les relations troubles ont secoué la présidence.

Cette semaine, c'est François de Rugy qui a été visé à travers une série d'articles. Dans une première enquête parue mercredi, le journaliste du site Fabrice Arfi décrivait "la vie de château sur fonds publics des époux de Rugy", avec le récit "d'agapes entre amis dignes de grands dîners d’État", avec homards et grands crus, quand François de Rugy présidait l'Assemblée nationale.

Mediapart a ensuite révélé que l'actuel ministre de la Transition écologique avait fait réaliser de coûteux travaux dans son appartement de fonction, qu'il occupait un logement à vocation sociale à Nantes, et que sa directrice de cabinet, limogée depuis, avait indûment conservé un HLM. Le Parisien et Ouest France ont publié des informations complémentaires.

- Quand Rugy soutenait Mediapart -

Vendredi, l'intéressé a exclu de démissionner, et riposté point par point en vilipendant Mediapart. "Le but, c’est d’informer le public? Ou de mener en permanence des campagnes contre le gouvernement?", a lancé sur RMC/BFMTV un François de Rugy "très en colère".

Spécialisé dans les enquêtes politique et financières, Mediapart peut déjà se targuer d'avoir fait tomber l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac en 2013 ou le conseiller de François Hollande Aquilino Morelle en 2014.

Cette année-là, le site comptait parmi ses abonnés le même François de Rugy, alors coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée, et chantre de la transparence, qui défendait le site dans ses tweets.

"Nous ne sommes pas des coupeurs de têtes ou des procureurs", s'est défendu vendredi Fabrice Arfi, à l'AFP. "Nous sommes des journalistes qui publient des informations, dont le ministre reconnait lui-même qu'elles choquent l'opinion".

Le cofondateur et président de Mediapart, marqué à gauche, Edwy Plenel s'est fait une spécialité depuis trente ans de publier des enquêtes qui ont ébranlé le sommet de l'État; notamment à la tête de la rédaction du Monde, où il a été accusé d'"abus de pouvoir", par les journalistes Pierre Péan et Philippe Cohen.

A son lancement en 2008, Mediapart publie notamment des révélations sur plusieurs affaires dont celle de Karachi, un éventuel détournement de commissions sur des contrats d'armement avec l'Arabie Saoudite et le Pakistan.

- Réussite économique -

Entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2012, le Premier ministre François Fillon accuse le site, qui produisait un document affirmant que la Libye avait participé au financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, d'être une "officine financée par de riches amis" de François Hollande.

Dans la foulée, Nicolas Sarkozy entame une action judiciaire contre Mediapart pour "faux et usage de faux" et "publication de fausses nouvelles". Un long bras de fer que l'ex-président de la République a définitivement perdu début 2019.

Mediapart a essuyé depuis ses débuts plus de 150 procédures judiciaires, entrainant de lourds frais d'avocats et quelques condamnations pour diffamation ou "erreur matérielle".

François de Rugy a annoncé de son côté qu'il "envisageait" de "porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre maintenant, dorénavant, tous les articles" comprenant des "mensonges".

A l'étranger, Mediapart représente surtout un modèle de réussite économique pour un site indépendant, poursuivant son envol en 2018 avec plus de 150.000 abonnés et près de 14 millions de chiffre d'affaires. Le site prend désormais part à des enquêtes internationales. En grande forme dans un paysage de la presse décimé, il continue à recruter et compte désormais 87 salariés en CDI, dont 47 journalistes.

Les actionnaires de Mediapart ont prévu de céder bientôt son capital à une structure d'intérêt général, "non capitaliste et à but non lucratif", pour sanctuariser son capital et pérenniser son indépendance.

Auteur(s): Par Taimaz SZIRNIKS - Paris (AFP)


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Dans les locaux de Mediapart à Paris, le 2 juillet 2019

Newsletter


Fil d'actualités Culture




Commentaires

-