Notre-Dame-des-Landes: après l'abandon, l'avenir de la ZAD en question

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Notre-Dame-des-Landes: après l'abandon, l'avenir de la ZAD en question

Publié le 18/01/2018 à 07:44 - Mise à jour à 21:08
© LOIC VENANCE / AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par AFP - Paris
-A +A

Au lendemain de l'abandon du projet d'aéroport, une nouvelle phase délicate s'ouvre à Notre-Dame-des-Landes: l'avenir de la ZAD, dont les occupants se disent prêts à rouvrir les accès mais refusent toute expulsion.

Première urgence: la libération des routes traversant la zone de Notre-Dame-des-Landes, signe d'un début de retour à la normalisation de la ZAD et à l'État de droit.

La question devait être examinée en soirée lors d'une assemblée générale à huis clos de la Coordination des opposants et des occupants de la ZAD, une réunion initialement prévue jeudi matin.

Le Premier ministre Édouard Philippe a sommé mercredi les opposants de rendre les routes bloquées "à la libre circulation de tous", faute de quoi les forces de l'ordre "procéderont aux opérations nécessaires". Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a demandé jeudi matin que ce soit fait "d'ici la fin de la semaine prochaine".

Le mouvement anti-aéroport dans son ensemble s'est engagé mercredi "à y répondre lui-même", mais avec du temps et pas sous la contrainte policière. A la périphérie de la ZAD, les forces de l'ordre restaient discrètes après l'annonce de la décision du gouvernement, effectuant des contrôles routiers à des points clés afin d'éviter notamment l'introduction sur le site de matières dangereuses.

Sur les trois routes traversant la zone, une pose problème: la D281, dite aussi "route des chicanes", obstruée depuis cinq ans par divers obstacles (pneus, épaves de véhicules, barricades en tous genres) et "gardée" quasiment en permanence depuis des cabanes et miradors. Sa libération fait débat depuis de longs mois au sein du mouvement anti-aéroport. Jeudi en début de soirée, la perspective de cette libération était "bien enclenchée", a estimé Julien Durand, porte-parole de l'association Acipa.

Pour Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes, l'idéal est de pouvoir "la rouvrir sans l'intervention des forces de l'ordre".

- Le devenir des terres -

Les discussions s'annoncent plus longues sur le devenir des terres de la zone, notamment sur les "5/600 hectares" selon le maire (sur 1.650), où les zadistes ont lancé des projets agricoles.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a proposé jeudi sur Sud Radio d'assigner ces terres à la production de produits bio ou de qualité pour alimenter la restauration collective régionale.

Les occupants de la ZAD se disent "prêts à négocier" avec l'État sur le futur projet de territoire agricole mais ont répondu à l'ultimatum d’Édouard Philippe, qui a donné jusqu'au 30 mars pour évacuer les lieux, par un "refus de toute expulsion".

"On va se battre pour que tout le monde puisse rester ici et on va continuer à construire nos vies ici", affirmait une occupante de longue date de la ZAD tandis que d'autres zadistes annonçaient dès mercredi soir leur départ "vers d'autres luttes", avant le printemps.

"Un beau projet se dessine pour la ZAD (...) Pour nous, le Larzac, où l’État restant propriétaire a cédé des sortes de baux à long terme à une société civile qui gère le foncier, est un exemple à suivre. Ce qui nous importe n'est pas la propriété des terres mais leur usage", a souligné à Paris lors d'une conférence de presse des associations Cécile Muret, secrétaire nationale de la Confédération Paysanne, fer de lance de la contestation anti-aéroport.

Les négociations ont déjà commencé, en se basant sur un document en six points signé par 22 organisations qui appellent à un rassemblement "le 10 février" dans le bocage.

"Six installations se sont faites récemment sur la zone et l'enjeu est de (...) répondre à tous les néo-ruraux qui ont des projets pour la faire vivre", a souligné Raphaël Bellanger, du FADEAR (réseau d'accompagnement et de formation).

Enfin, les discussions ont commencé avec le groupe Vinci qui devait construire l'aéroport. Le PDG du groupe, Xavier Huillard, a été reçu jeudi par le ministre des Finances, Bruno Le Maire, et la ministre des Transports, Élisabeth Borne. La réunion visait à "entamer les discussions nécessaires pour tirer les conséquences de cette décision", a précisé le ministère des Transports. "Les deux parties (sont convenues) de poursuivre ces discussions afin d'aboutir rapidement", a-t-il ajouté.

Auteur(s): Par AFP - Paris

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Les routes d'accès à Notre-Dame-des Landes seront libérées "d'ici la fin de la semaine prochaine", a déclaré le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui souhaite que cela se fasse "par la discussion et la négociation" plutôt que par la force.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-