"Première année" de médecine: le film, avant peut-être la réforme

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"Première année" de médecine: le film, avant peut-être la réforme

Publié le 07/09/2018 à 07:53 - Mise à jour à 07:54
© Yohan BONNET / AFP/Archives
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Auteur(s): Par Aurélie MAYEMBO - Paris (AFP)

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Réformer le concours de médecine ? "Il est temps", lance Thomas Lilti avant la sortie de "Première année", qui relate ces mois de compétition et de travail acharné pour espérer devenir médecin, via le parcours de deux amis étudiants.

Hasard du calendrier, le film sort mercredi alors que des parlementaires planchent sur une suppression du "numerus clausus" qui limite le nombre d'étudiants en médecine et donne lieu à ce concours extrêmement sélectif en fin de première année. Cette proposition pourrait ensuite faire partie de la réforme des systèmes de santé, prévue le 18 septembre.

"J'ai l'impression qu'ils ont vu le film", plaisante le réalisateur, lui-même ancien médecin généraliste, qui s'est replongé dans ses souvenirs.

Ce concours est "déconnecté de la réalité médicale, un peu absurde, et nécessite un bachotage intense". "Les doyens d'université disent que c'est une +boucherie pédagogique+", affirme-t-il, évoquant environ 17-18% de réussite selon les facs.

Selon le classement publié par le mensuel L'Etudiant, les taux de réussite en médecine variaient en 2016 entre 11,8 à 26,5% selon les universités.

Si la réforme voit le jour, "je ne crois pas à la fin du numerus clausus, ni qu'on va former des milliers et des milliers de médecins, mais la fin du concours tel qu'il existe, c'est l'urgence", insiste le réalisateur, découvert avec "Hippocrate" (2014), déjà avec Vincent Lacoste, puis "Médecin de campagne", deux ans plus tard, avec François Cluzet.

Après ces deux films sur le monde médical, il continue d'explorer son sujet de prédilection, en s'intéressant cette fois-ci au monde des études, des bibliothèques et des amphis bondés.

- Dysfonctionnement -

Tout en étant un divertissement, "c'est un film qui a une dimension politique, qui fait le constat d'un dysfonctionnement général de l'enseignement supérieur à travers cette année de médecine", dit Thomas Lilti lors d'un entretien à l'AFP.

Si les choses ont peu changé depuis ses années de formation (le numerus clausus a été instauré en 1972), les étudiants rencontrés lui ont semblé "encore plus angoissés par l'avenir".

Compétition exacerbée, craquage, difficulté à trouver une place en amphi... le film montre bien ce parcours du combattant, en suivant Antoine (William Lebghil, de la série humoristique Soda), brillant fils de médecin qui entame sa première année, et Benjamin (Vincent Lacoste), qui a redoublé et joue donc son va-tout.

Deux parcours opposés qui laissent deviner le poids des déterminismes mais aussi une histoire d'amitié et d'apprentissage, sur fond de révision et de rédaction de fiches. "C'est un peu comme un film de sport à la +Rocky+, avec les entraînements qui sont ici des révisions", s'amuse le réalisateur.

Le film doit beaucoup à ses acteurs et s'inscrit dans une sorte de "filiation" avec "Hippocrate", grâce à la présence de Vincent Lacoste, qui jouait un jeune médecin qui faisait son premier stage d'interne.

Après cette trilogie sur la médecine, Thomas Lilti pense-t-il à tourner la page ? Pas tout de suite. Puisqu'il a adapté "Hippocrate" pour le petit écran. La série de huit heures sera diffusée fin novembre sur Canal+.

Au programme, le parcours de trois internes inexpérimentés dans un hôpital public, ainsi que d'un médecin légiste. Louise Bourgoin, Alice Belaïdi et Karim Leklou, actuellement à l'affiche du "Monde est à toi", font partie de la distribution.

Auteur(s): Par Aurélie MAYEMBO - Paris (AFP)


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Thomas Lilti, entouré par les acteurs Vincent Lacoste et William Lebghil, lors de la présentation de "Première année" au festival du film d'Angoulême, le 25 août 2018

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