Propos haineux sur les Roms: Jean-Marie Le Pen de nouveau condamné

Propos haineux sur les Roms: Jean-Marie Le Pen de nouveau condamné

Publié le 27/02/2017 à 17:36 - Mise à jour à 21:19
© PASCAL GUYOT / AFP
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Auteur(s): Par AFP

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Il avait qualifié en 2013 la présence à Nice de Roms d'"urticante" et "odorante": le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen a de nouveau été condamné en appel lundi à 5.000 euros d'amende.

La cour d'appel d'Aix-en-Provence l'a reconnu coupable de provocation à la haine et à la discrimination pour ces propos tenus en public. A 88 ans, il s'agit au moins de la neuvième condamnation de M. Le Pen pour des propos racistes ou négationnistes.

"Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Rom qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n'est que le petit morceau de l'iceberg", avait déclaré Jean-Marie Le Pen qui venait soutenir une candidate, lors d'une conférence de presse à Nice.

"Ce sont des termes que je maintiens parce que je les ai pensés", avait expliqué à la barre le père de Marine Le Pen, qui devra payer 2.000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme, partie civile. La Ligue des droits de l'Homme, partie civile en première instance, recevra 1.000 euros.

"Les propos de Jean-Marie Le Pen étaient extrêmement graves, c'est un appel ouvert à la haine et à la discrimination ethnique", a réagi après la décision le président de SOS Racisme Alpes-Maritimes, Sonny Phung, estimant que le leader d'extrême droite avait voulu comparer des "Roms et des punaises".

"La justice semble inébranlable dans son intention continue de persécuter Jean-Marie Le Pen", a au contraire déploré par téléphone Me Frédéric Joachim, l'avocat de celui qui exerce toujours un mandat de député européen.

"C'est une justice politique ! C'est un pur scandale, on est condamnés d'avance", a-t-il poursuivi, affirmant vouloir "former un recours en cassation". Présents devant la cour d'appel lors de l'examen de l'affaire, ni lui ni son client ne se sont déplacés pour le rendu de l'arrêt lundi.

- "Ligne jaune"-

A la barre en janvier, Jean-Marie Le Pen, 88 ans, n'avait pas renié ses propos. "Leur présence est urticante pour la population, oui, les gens se plaignent", avait-il déclaré. "Odorante, il suffit d'avoir visité un camp de Roms pour s'en rendre compte, olfactivement parlant", avait-il poursuivi, assurant être "payé pour dire ce que pensent les électeurs".

"Est-ce qu'il était nécessaire d'utiliser ces termes?" l'avait interrompu le président. "Je suis un homme libre, je ne suis pas tenu par la ligne jaune du prêt-à-penser", avait répondu M. Le Pen. "La haine est un sentiment qui m'est parfaitement étranger", avait-il assuré.

Outre ses condamnations passées, Jean-Marie Le Pen a encore été mis en examen à Paris, le 11 février, pour provocation à la haine, pour s'en être pris à Patrick Bruel. En juin 2014, dans une vidéo sur le site du FN, à l'évocation du nom de l'artiste d'origine juive, il avait déclaré: "Ecoutez, on fera une fournée la prochaine fois!"

Le Front national, présidé depuis 2011 par sa fille Marine, a engagé une stratégie de "dédiabolisation" de son image. Elle a conduit à l'exclusion en 2015 de Jean-Marie Le Pen , pour avoir réitéré ses propos sur les chambres à gaz, qu'il qualifie de "détail" de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

M. le Pen a contesté cette décision devant les tribunaux. Le 17 novembre 2016, le tribunal de grande instance de Nanterre a validé son exclusion mais jugé qu'il restait néanmoins président d'honneur du parti d'extrême droite. Le FN a fait appel.

Auteur(s): Par AFP

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Jean-Marie Le Pen lors d'un meeting à Palavas-Les-Flots le 21 janvier 2017

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